Les autorités espagnoles ont démantelé dimanche le dernier grand campement de migrants à Ceuta, deux jours avant une visite du roi et de la reine d'Espagne, ont constaté des journalistes de l'AFP sur place.
Plus de 350 policiers étaient mobilisés, a indiqué le ministère de l'Intérieur dans un communiqué, précisant qu'il s'agissait de la cinquième opération de ce type à Ceuta ces dernières semaines «afin de dégager les espaces publics de la ville».
Le camp s'était formé après un afflux massif et inédit de plus de 70.000 personnes entrées illégalement et en force dans cette enclave espagnole d'Afrique du Nord, en provenance du Maroc voisin, les 30 et 31 juillet.
La plupart étaient retournées au Maroc en quelques jours, mais des milliers d'entre elles étaient restées à Ceuta, dormant dans la rue ou sur les plages.
Cette vague soudaine d'arrivées les 30 et 31 juillet, au cours de laquelle des dizaines de personnes ont trouvé la mort, avait été à l'origine d'une crise politique à Madrid ainsi que de vives tensions diplomatiques au sein de l'Union européenne.
Visite royale
Dimanche des policiers accompagnés par des soldats sont arrivés peu après 8 heure sur l'esplanade El Guano, où des centaines de migrants campaient dans des abris de fortune après le démantèlement d'autres campements sur les plages voisines, a constaté un journaliste de l'AFP.
Les migrants ont été embarqués dans des bus et conduits vers des centres d'accueil, tandis que des équipes de nettoyage sont intervenues sur l'esplanade et la plage.
Certains migrants ont fui vers les collines voisines pour éviter de monter dans les bus. Le roi Felipe VI et la reine Letizia doivent se rendre à Ceuta mardi, lors d'un déplacement coordonné avec le gouvernement.
Le Maroc revendique la souveraineté sur Ceuta et Melilla, à quelque 500 km plus à l'est, les deux enclaves espagnoles en Afrique du Nord.
La visite royale à Ceuta mardi, qui doit être suivie mercredi d'un déplacement à Melilla, sera la première d'un monarque espagnol dans les deux villes depuis le voyage du roi Juan Carlos en novembre 2007, qui avait provoqué une crise diplomatique avec le Maroc.