Hollywood a déserté le 79e festival de Cannes mais la Corée du Sud a pris le relais des blockbusters cette année avec «Hope» de Na Hong-jin, superproduction mêlant film de monstres et humour potache, en lice pour la Palme d'or.
Pendant 2H40 de travelings vertigineux et de course-poursuites, le film plonge dans un petit village fictif proche de la zone de démarcation entre les deux Corée, où une mystérieuse créature sème le chaos, croisement entre Gorgone et «Avatar».
«Hope» malaxe les genres (western, comédie, épouvante, science-fiction) et se permet même le luxe de rendre totalement méconnaissables les deux stars hollywoodiennes au générique (Alicia Vikander et Michael Fassbender) pour donner le premier rôle aux sud-coréens Hwang Jung-min et Hoyeon («Squid Game»).
Sous un déluge de coups de feu et de fluides extraterrestres, «Hope» dépeint des autorités locales totalement dépassées, dans une ville aux allures post-apocalyptiques. En écrivant le script, le réalisateur Na Hong-jin confie à l'AFP qu'il avait en tête «les guerres que nous connaissons actuellement» mais le film tient bien davantage du divertissement ébouriffant que du manifeste politique.
La Corée, locomotive du cinema mondial
«C'est le film le plus cher de l'histoire du cinéma coréen», a ajouté le cinéaste, remarqué en 2010 pour «The Murderer» et «The Strangers» six ans plus tard. «Ça a nécessité un très important budget en raison des effets spéciaux, du design, des acteurs», a-t-il ajouté.
Le budget de près 30 millions d'euros traduit la montée en puissance de l'industrie du cinéma sud-coréenne, qui a donné naissance à «Parasite», Palme d'or 2019 et le hit mondial «Squid Game» sur Netflix.
Autre signe des temps, le jury du festival de Cannes est présidé cette année par le cinéaste sud-coréen Park Chan-wook – réalisateur de Old Boy, The Handmaiden et No Other Choice – qui se réjouissait la semaine dernière auprès de l'AFP que son pays soit devenu «un pôle centrale du cinéma mondial».
«Cela me fait penser à beaucoup de mes prédécesseurs qui étaient fantastiques mais qui n'ont pas eu l'opportunité d'être reconnus au niveau mondial», disait-il.