Plus d'une centaine de jihadistes présumés ont été libérés en début de semaine au Mali dans le cadre d'une trêve sur les attaques de convois de carburant qui asphyxient l'économie de ce pays enclavé, a appris l'AFP dimanche de sources sécuritaires et d'officiels locaux.
Depuis septembre dernier, les jihadistes du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, attaquent les convois de camions-citernes. En octobre dernier, l'économie de la capitale était complètement grippée.
Un accord débloque la situation
Après plusieurs mois d'accalmie, les Bamakois ont de nouveau été confrontés à une pénurie de gazole au début du mois de mars. Mais un accord conclu en milieu de semaine a permis l'arrivée de convois de carburant, améliorant nettement la situation dans la capitale.
Un élu local a confirmé à l'AFP la «libération de plus de 100 jihadistes» contre «l'ouverture d'un corridor», «pour laisser passer des convois de camions-citernes». «Nous avons appris que cette semaine plus d'une centaine de jeunes accusés d'être des jihadistes ont été libérés par la sécurité d'Etat. En contrepartie, des convois de carburant n'ont pas été attaqués», abonde un élu du centre du Mali qui réside à Bamako.
Trêve en vigueur jusqu'à fin mai
Une source sécuritaire malienne interrogée par l'AFP a confirmé que «dans le cadre de la paix et de l'unité nationale, des mesures d'élargissement ont été prises», sans préciser la nature de l'accord.
Plusieurs sources sécuritaires ont indiqué à l'AFP que la trêve resterait en vigueur jusqu'à la grande fête musulmane de la Tabaski, qui aura lieu fin mai. «Beaucoup de peuls arrêtés ont également été relâchés», a appris l'AFP auprès d'une association de défense de cette ethnie souvent amalgamée avec les jihadistes.