Les cas sont en augmentation
Des chercheurs découvrent les tout premiers signes de risque de l'autisme

Alors que les cas de trouble du spectre de l'autisme (TSA) augmentent, une nouvelle recherche américaine a identifié les tout premiers indices pouvant indiquer un risque. Et il s'agit des signes les plus précoces qui soient, puisqu'ils apparaissent déjà dans le placenta de la mère.
Pléthore de scientifiques explorent actuellement la question de l'origine des troubles du spectre de l'autisme (TSA), afin de mieux comprendre le phénomène et soutenir les personnes touchées.
Photo: Shutterstock
Ellen De Meester - Journaliste Blick
Ellen De MeesterJournaliste Blick

Depuis environ une décennie, en Suisse, les troubles du spectre de l'autisme (TSA) connaissent une hausse annuelle constante de 12%. La RTS rappelait en outre que le nombre de jeunes bénéficiant de l'AI dans le cadre d'un TSA a connu une véritable explosion, augmentant de 348% depuis l'année 2015. Alertée par ces chiffres, la Confédération promettait, en août 2025, d'étudier de nouvelles mesures de soutien pour les enfants et adolescents concernés.

Le sujet inquiète et alerte, si bien que pléthore de chercheurs internationaux se penchent sur la question, tandis que les résultats sont publiés au compte-gouttes. Pour le moment, on sait que la génétique, tout comme les facteurs environnementaux peuvent jouer un rôle prévalent. Mais les choses se précisent, petit à petit. Une toute nouvelle étude issue d'un laboratoire new-yorkais, publiée le 16 septembre dans la revue «Science Advances», pointe notamment les tout premiers signaux pouvant indiquer un risque d'autisme. Et il s'agit bien des indices les plus précoces, puisque ceux-ci ont été détectés dans le placenta des mères.

Une réaction immunitaire dans le placenta

En effet, via des analyses menées sur des souris, l'équipe de chercheurs a pu démontrer que la présence d'une inflammation durant une «période critique» de la grossesse peut contribuer au développement de signes caractéristiques de l'autisme.

«Pour réellement comprendre le spectre des troubles de l'autisme, nous devons regarder au-delà du cerveau, affirme le Dr. Lucas Cheadle, professeur associé au Cold Spring Harbor Laboratory. Nos travaux suggèrent que les changements dans le placenta provoqués par l'activation immunitaire de la mère peuvent augmenter le risque d'autisme, chez certains individus.»

Les souris mâles semblent plus concernées

En effet, plus d'un tiers des souris observées présentaient des changements dans le placenta, une seule journée après les premiers signes inflammatoires. Or, le risque d'autisme augmentait de façon notable uniquement chez les souris mâles, tandis que le développement des femelles restait inchangé.

Pour les scientifiques, il s'agit d'un détail étonnant, puisque l'expérience a été menée de manière très précoce, avant même que le sexe du foetus ne soit clairement déterminé. «Les données suggèrent que les embryons mâles présentent des protéines uniques, auxquelles le corps de la mère réagit de façon négative, après une infection virale, poursuit le professeur Cheadle. En revanche, un mécanisme de protection peut être enclenché, spécifiquement pour protéger les embryons mâles.»

Que faire de cette information?

En d'autres termes, le TSA pourrait émerger de manière totalement différente, selon le sexe de l'embryon, ce qui constitue un véritable défi pour les chercheurs.

Or, le but des recherches en cours n'est évidemment pas de culpabiliser les mères contractant, bien malgré elles, un virus durant leur grossesse. Au contraire: d'après le professeur Cheadle, c'est en saisissant mieux l'origine la plus précoce des TSA que la science pourra comprendre le phénomène, «révéler de nouvelles pistes pour réaliser des thérapies ciblées» et envisager des formes de prévention.

Si vous avez des questions, des inquiétudes ou besoin de soutien, n'hésitez surtout pas à vous tourner vers la plateforme Autisme Suisse romande, ou à contacter un professionnel.

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