Sa réussite évoque un tour de magie, un casse-tête financier herculéen… ou alors une hyperbole? Le mardi 12 mai, Zohran Mamdani et son équipe ont célébré le bouclage du prochain budget de la ville de New-York. En poste depuis janvier, le maire de la mégalopole s'est effectivement targué d'avoir comblé, d'un seul coup, le trou de 12 milliards de dollars qui affligeait, telle une lacune béante, l'économie de la ville.
Le budget final de 125 milliards pour l'année 2027 permettrait effectivement, après «des mois de travail acharné», de compenser entièrement ce déficit: «Lorsque j'ai pris mes fonctions, j'ai découvert un déficit de 12 milliards, expliquait l'intéressé sur X. Je suis fier d'annoncer que nous l'avons abaissé à zéro. Et nous ne l'avons pas fait au détriment des personnes qui travaillent. Nous avons comblé ce trou en continuant de financer les parcs, les librairies, la sécurité du domaine public et des investissements historiques dans le logement social.»
Une taxe «pied-à-terre»
A noter que Mamdani n'a pas simplement «dégoté» 12 milliards de dollars, sortis de nulle part: c'est en calculant le budget de 2027, en demandant du soutien et en réalisant des coupes stratégiques, qu'il est parvenu à dégager la somme équivalente au déficit.
Dans une vidéo explicative semblant issue droit d'une chaîne YouTube des années 2010, le maire détaille précisément d'où il a tiré cette somme astronomique. Pour résumer, il s'est empressé d'abandonner l'augmentation des impôts pour les propriétaires de la ville, après de vives critiques, rappelle «The Post». En effet, l'Etat de New-York figure toujours parmi les plus taxés du pays, aux côtés de Hawaii, selon Business Insider.
A la place, Zohran Mamdani s'est appuyé sur une nouvelle aide financière accordée par le gouvernement de l'Etat de New-York, sur une taxe spéciale dite «pied-à-terre» destinée aux ultra-riches de la ville, ainsi que sur des coupes dans les coûts administratifs. Or, d'après les détracteurs du démocrate, plusieurs paiements ont simplement été retardés, repoussant la crise à plus tard. Ainsi que l'explique le «New York Times», certaines sommes devant être régulièrement versées aux fonds de retraite des employés municipaux (dont les fonctionnaires, les pompiers ou les enseignants) pourraient être ajustées, étalées dans le temps ou retardées de quelques années, jusqu'en 2032. Cette mesure permettrait d'économiser 1,6 milliards de dollars en un an.
Un problème repoussé à plus tard?
Pour le Citizens Budget Commission (CBC), une organisation de surveillance new-yorkaise, l'équilibre du budget qu'applaudit Zohran Mamdani désavantage les «futurs retraités» de la ville, alors que les solutions proposées concernent surtout le court terme.
«L’administration Mamdani mérite toutefois des félicitations pour avoir présenté un budget qui corrige la sous-budgétisation des administrations précédentes et qui prend en compte les niveaux de services actuels ainsi que la croissance attendue, tempère le CBC sur son site officiel. Des budgets transparents aident tous les New-Yorkais à mieux comprendre les défis de la ville.»