La justice allemande a condamné mercredi des adolescents à des peines allant jusqu'à cinq ans de prison pour avoir participé à une cellule d'extrême droite ayant planifié et commis des attaques contre des réfugiés et des activistes de gauche.
Les peines ont été prononcées contre huit membres présumés et soutiens du groupuscule nommé «Letzte Verteidigungswelle» ("Dernière vague de défense") par la cour d'appel d'Hambourg, a constaté un journaliste de l'AFP sur place.
Cette cellule, fondée au plus tard en 2024 selon l'enquête, avait planifié des attentats à l'explosif et par incendie contre des réfugiés et des personnes de gauche, et avait déjà commis de premiers actes. Sept des suspects ont été condamnés mercredi pour appartenance à une organisation terroriste, dont trois en tant que meneurs, tandis que le dernier a été condamné pour avoir soutenu l'organisation.
Les chefs de tentative de meurtre, d'incendie volontaire avec intention de tuer, d'utilisation de symboles d'organisations anticonstitutionnelles et d'«acte de violence grave mettant en danger l'Etat» ont également été retenus pour certains. Les peines vont d'un an et demi d'emprisonnement avec sursis à cinq ans de prison ferme.
«Provoquer le chaos»
«L'expression 'pouponnières brunes'», en référence à l'emprise profonde de l'idéologie nazie, symbolisée par les chemises brunes des adhérents du parti, sur la jeunesse sous le 3e Reich, «était tout à fait bien choisie», a commenté la présidente du tribunal lors du verdict. Avec leurs actes, ces jeunes tentaient de «provoquer le chaos», a-t-elle aussi relevé.
Ils avaient entre 14 et 18 ans lors du démantèlement de l'organisation par les autorités en mai 2025. En octobre, cinq des suspects ont mis le feu à un centre culturel entre Berlin et Dresde. Ils visaient, selon les enquêteurs, des activistes de gauche et avaient diffusé une vidéo «pour encourager d'autres membres du groupuscule à mener des actions similaires».
Les autorités sur le qui-vive
En janvier, ils ont tenté de tirer des feux d'artifice à l'intérieur d'un centre d'hébergement pour demandeurs d'asile et tagué plusieurs slogans comme «Ausländer raus» (Dehors les étrangers), «Deutschland den Deutschen» (L'Allemagne aux Allemands) ainsi que des croix gammées.
Ces attaques, qui n'ont pas fait de blessés, ont eu lieu dans l'est de l'Allemagne, où l'extrême droite dispose d'un soutien important. Les autorités allemandes sont sur le qui-vive face à la montée des actes de violence d'extrême droite, en plein essor du parti anti-immigration AfD.