«horrifié» du résultat
Après l'écrasante victoire de l'AfD, Merz évoque un complot contre son parti

Friedrich Merz s’est dit «horrifié» après l’élection inédite d’un président AfD au parlement de Saxe-Anhalt, rendue possible par des voix anonymes. Le chancelier évoque une possible manœuvre visant à discréditer la CDU.
1/2
Friedrich Merz s’est dit «horrifié» après l’élection inédite d’un président AfD au parlement de Saxe-Anhalt.
Photo: imago/Mike Schmidt
sda-logo.jpeg
ATS Agence télégraphique suisse

Le chancelier allemand s'est dit «horrifié» que l'extrême droite ait pu débaucher des élus pour faire élire son candidat à la présidence d'un parlement régional. Il a évoqué une possible action «sous fausse bannière» pour faire peser les soupçons sur son parti.

Mardi, un mois après une victoire électorale écrasante lors des élections en Saxe-Anhalt, région de l'ex-Allemagne de l'Est, l'Alternative pour l'Allemagne (AfD), formation antimigrants et prorusse, a fait élire son candidat à la présidence de l'assemblée avec le soutien d'une petite formation prorusse de gauche, le Bündnis Sahra Wagenknecht (BSW).

Mais après décompte du vote à bulletin secret, il s'est avéré que le candidat de l'AfD Tobias Rausch avait reçu le soutien de quatre élus supplémentaires restés anonymes, si bien que des spéculations sont apparues dans les médias allemands quant à de possibles voix de l'Union chrétienne-démocrate (CDU) de Friedrich Merz.

Interrogé lors d'un forum mercredi sur ce point, le chancelier s'est dit «horrifié» du résultat, mais a souligné que la CDU n'était pas «seule» à pouvoir être suspectée. Il a aussi évoqué un possible complot visant à discréditer son parti, dont la ligne est de refuser toute coopération avec l'AfD. «Les opérations sous fausse bannière n'existent pas seulement dans le domaine militaire. Elles existent aussi en politique», a dit le chancelier.

«Nous avons affaire (...) à trois (groupes) au Parlement régional de Saxe-Anhalt, qui font tout pour saper la cohésion de notre démocratie», a-t-il ajouté, semblant faire référence à l'AfD, au BSW et au parti de gauche radicale Die Linke.

Une première

L'élection d'un président de parlement régional appartenant à l'extrême droite est une première pour l'Allemagne d'après-guerre, et ouvre la voie à une élection du chef de l'AfD en Saxe-Anhalt en décembre à la tête de l'exécutif.

Pour cela, Ulrich Siegmund, 35 ans, doit débaucher au moins trois députés d'autres partis. Aucune formation n'a pour le moment accepté de voter pour lui, pas même le BSW. Mais il a fait part de contacts avec des élus d'autres groupes, notamment de la CDU.

Jusqu'ici, aucun des grands partis allemands n'a coopéré avec l'AfD, selon le principe du «pare-feu», équivalent allemand du «cordon sanitaire». Mais le parti d'extrême droite n'a cessé de grimper dans les sondages et a remporté plusieurs succès électoraux cette année, aux dépens de la CDU.

Empêtré dans des difficultés économiques et politiques, Friedrich Merz est, après moins d'un an et demi au pouvoir, le chancelier le plus impopulaire de l'après-guerre.

Articles les plus lus