250 ans des USA
Le méga feu d'artifice de Trump devient un risque pour l'environnement et les animaux

À Washington, un feu d'artifice de 850'000 pétards célébrera les 250 ans de l'indépendance américaine le 4 juillet. Mais les experts alertent sur les risques pour l'environnement, la santé publique et les animaux.
Plus de 850'000 feux d'artifice seront lancés depuis dix emplacements différents.
Photo: AFP
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AFP Agence France-Presse

Une célébration «inoubliable» pour fêter les 250 ans de la Déclaration d'indépendance américaine, ou bien un feu d'artifice morbide, qui terrorisera les animaux et polluera l'environnement? Le président américain vante depuis plusieurs semaines ce qu'il qualifie de plus grand feu d'artifice au monde, prévu le 4 juillet prochain pour la fête nationale.

Le groupe «Freedom 250», chargé des célébrations du 4 juillet, a confié à l'entreprise Pyrotecnico, installée en Pennsylvanie, la préparation de ce bouquet final qui viendra clôturer la soirée de samedi: plus de 850'000 feux d'artifice lancés depuis dix emplacements différents à partir de 22h30. Le spectacle doit durer 40 minutes. C'est environ 40'000 pétards de plus que le record du plus gros feu d'artifice répertorié dans le livre Guinness, et 50 fois plus que l'habituel feu d'artifice organisé par la capitale américaine pour célébrer le 4 juillet.

«Freedom 250» a présenté l'événement comme le point d'orgue «inoubliable» d'une journée où se succéderont survols d'avions, démonstrations acrobatiques et spectacles en tous genres sur le National Mall, grande pelouse du centre de Washington. Les organisateurs n'en ont pas dévoilé le coût et n'ont pas répondu aux demandes de l'AFP.

«Effrayant»

«Les feux d'artifice sont une tradition américaine», déclare Jodi Dague, directrice du marketing chez Pyrotecnico. «Ils font ressurgir des souvenirs d'enfance et permettent aux familles d'en créer de nouveaux. C'est une occasion de se réunir et de faire la fête», ajoute-t-elle. Mais l'idée ne ravit pas tout le monde. «J'aime les feux d'artifice. Je trouve ça sympa», dit Russell Dickerson. Mais ce professeur de chimie à l'Université du Maryland trouve «effrayant» le nombre de pétards prévus samedi.

«Je ne pense pas qu'il soit judicieux de vouloir tirer 850'000 feux d'artifice par une journée chaude, sans vent et polluée. Je n'irai pas sur le Mall, et je n'y emmènerai certainement pas mes petits-enfants», ajoute-t-il. Le plus gros risque concerne les particules fines de 2,5 micromètres ou moins, capables de pénétrer dans les poumons et le sang. Une exposition longue peut avoir d'importantes conséquences sur le coeur et les poumons.

Vague de chaleur

L'Agence de protection de l'environnement américaine (EPA) plafonne l'exposition à 35 microgrammes par mètre cube, sur une durée de 24 heures. Après un feu d'artifice, «la fumée se dissipe en quelques heures», mais c'est durant ce laps de temps que «les gens sont exposés à des quantités massives» de particules fines, précise Russell Dickerson.

Et au moment où une vague de chaleur s'abat sur la côte est, la fumée et la pollution risquent de durer, sans pluie pour les dissiper. Le réseau électrique est aussi mis à rude épreuve par la canicule et les demandes accrues de climatisation, tandis que les véhicules polluent davantage.

Glory Dolphin Hammes, à la tête de l'antenne américaine d'IQAir, une entreprise basée en Suisse qui mesure la qualité de l'air, a qualifié d'"apocalyptique» le niveau de pollution attendu lors du 4 juillet. Selon les données compilées par l'entreprise, les concentrations de particules fines ont atteint un pic de 133 microgrammes par mètre cube lors du 4 juillet 2025. L'indice de qualité était alors de 208, un nombre que l'on retrouve généralement dans les villes d'Asie du Sud.

Animaux

Les feux d'artifice peuvent aussi traumatiser les animaux de compagnie, notamment les chiens. Adrian Aceves, un médecin résidant à Washington, restera chez lui avec sa chienne de 5 ans et lui donnera même des médicaments en prévention. Une étude européenne a par ailleurs récemment révélé que des oiseaux migrateurs avaient quitté leurs aires de repos après les feux d'artifice du Nouvel An et n'y étaient jamais retournés.

Enfin, une étude du gouvernement américain menée en 2016 a révélé que du perchlorate - un agent oxydant utilisé dans les feux d'artifice - s'était infiltré dans l'eau près du mémorial national du mont Rushmore (Dakota du Sud), où sont organisés chaque année des spectacles pour le 4 juillet.

Toutefois, Erica Walker, professeure d'épidémiologie à l'université Brown, a souligné qu'il fallait contrebalancer les nuisances liées aux feux d'artifice et la joie qu'ils procurent, et faire la part des choses entre la pollution persistante et celle qui ne dure qu'une soirée. 

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