168 élèves tués
Les USA accusés d'avoir bombardé une école en Iran

Une frappe américaine pourrait être à l'origine du drame qui a coûté la vie à 168 élèves en Iran, selon le New York Times. L'ONU demande transparence et réparations pour cet acte présumé.
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AFP Agence France-Presse

Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme a demandé vendredi que l'enquête américaine sur le bombardement présumé d'une école de Minab en Iran soit «rapide» et «transparente», alors que le New York Times évoque la possibilité d'une responsabilité américaine. Ni les Etats-Unis, ni Israël n'ont confirmé cette frappe et Washington a affirmé que le Pentagone menait une enquête. A Genève, le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Volker Türk a dit espérer que cette enquête «sera rapide et qu'elle se déroulera en toute transparence».

«Nous attendons également que les responsables rendent des comptes, car il est évident que des erreurs ont été commises», et qu'il y aura des «réparations et compensations», a ajouté Volker Türk lors d'un point de presse. Le bilan total des morts n'a pas encore été confirmé de manière indépendante, mais les autorités et médias d'Etat iraniens affirment que la frappe a tué plus de 150 personnes, dont de nombreux enfants, à l'école primaire Shajarah Tayyebeh. De son côté, l'Unicef a rapporté vendredi un bilan de 168 élèves tués, dont une majorité «d'écolières âgées de 7 à 12 ans».

Base navale iranienne à proximité

L'AFP n'a pas été en mesure d'accéder au site pour vérifier de manière indépendante le bilan ou les circonstances des faits, mais a établi que le bâtiment était proche de deux sites contrôlés par le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (IRGC), la puissante garde idéologique du régime. Le New York Times a indiqué dans une enquête que le drame pourrait être le fait d'un bombardement américain visant une base navale des Gardiens de la révolution située à proximité.

S'appuyant sur des images satellites, des publications sur les réseaux sociaux et des vidéos vérifiées, le journal a rapporté jeudi que l'école avait été gravement endommagée par une frappe qui a eu lieu en même temps que des attaques contre cette base navale adjacente. Les déclarations officielles selon lesquelles les forces américaines attaquaient des cibles navales près du détroit d'Ormuz, à proximité duquel se trouvait la base iranienne, «suggèrent qu'elles étaient les plus susceptibles d'avoir mené la frappe», écrit le New York Times.

«Erreur?»

De son côté, l'agence de presse Reuters, s'appuyant sur deux responsables américains anonymes, a indiqué jeudi que des enquêteurs militaires américains estimaient «probable» que les forces américaines soient «responsables» de la frappe qui a touché l'école, ajoutant toutefois que les investigations n'étaient pas terminées. L'enquête du New York Times a exclu la frappe d'un missile iranien sur l'école. S'il se confirme «qu'il s'agit d'une bombe américaine qui a touché (l'école) Shajarah Tayyebeh, une question sera probablement de savoir si la frappe scolaire était une erreur ou si elle a été ciblée sur la base d'informations obsolètes», écrit le journal.

Par ailleurs, une enquête du journal français Le Monde publiée jeudi a attesté la présence d'enfants et de victimes civiles dans le bombardement. «Des jeunes enfants ont bien été tués», écrit Le Monde, qui dit s'être appuyé sur des dizaines de photos et de vidéos. «S'agissant d'une école, il s'agit évidemment d'une institution civile qui ne devrait jamais être attaquée», a rappelé Volker Türk, manifestant de «sérieuses préoccupations» quant au respect du droit international humanitaire et s'interrogeant «quant au type d'armes utilisées» dans cette attaque présumée.

«Nous attendons également que les responsabilités soient établies, car, de toute évidence, des erreurs ont été commises et la responsabilisation est absolument essentielle, mais aussi des réparations et des indemnisations, ainsi que des garanties claires de non-récurrence», a encore exhorté le Haut-Commissaire aux droits de l'homme, qui a dit «espérer» se rendre à Washington «plus tard ce mois-ci».

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