Lorsqu'il s'agit de réserver des vols ou des hôtels, c'est toujours la même rengaine: les premiers arrivés ont des offres plus alléchantes. Désormais, la tarification dynamique s'applique aussi dans nos stations de ski. Le prix d'un forfait journalier peut varier selon l'heure de réservation, la demande, le jour de la semaine ou la saison. Les associations de consommateurs critiquent ces modèles tarifaires depuis des années. «Dès le début, nous soupçonnions les stations de ski d'utiliser cette tarification dynamique opaque pour dissimuler des augmentations de prix. Maintenant, c'est confirmé», déclare Sara Stalder, militante pour la protection des consommateurs.
Blick a obtenu les résultats inédits d'une enquête de l'agence de protection des consommateurs et cinq des onze principales stations de ski n'imposent aucun prix maximum. C'est notamment le cas d'Engelberg Titlis (OW), d'Engadin Saint-Moritz (GR) et de Zermatt (VS). De plus, deux stations s'abstiennent même de fixer un prix minimum. «Sans cette information, il est pratiquement impossible de savoir si une station a augmenté ses prix», déplore Sara Stalder. Elle exige une transparence totale de la part des stations pratiquant cette tarification dynamique. Les prix minimum et maximum doivent être divulgués et les ajustements de prix rendus compréhensibles.
Les prix selon le Magic Pass
Même lorsque les prix minimums sont affichés, la tarification reste opaque. «Au final, nous ignorons combien de forfaits sont réellement proposés au prix le plus bas.» Les stations espèrent que cette tarification dynamique augmentera leurs recettes, notamment en optimisant les ventes lors des journées les plus fréquentées en haute saison. Trois des stations de ski interrogées ont augmenté leurs prix minimums pour cette saison, passant de 17 à 20 francs suisses. «Nous ne nous attendions pas à des hausses de prix aussi importantes pour les visiteurs à la journée», proteste Sara Stalder.
A Belalp, les prix les plus bas sont passés de 17 à 68 francs, tandis qu'à Gstaad, ils ont grimpé de 20 à 69 francs. Pourquoi? Parce que ces deux stations viennent de rejoindre le réseau d'abonnements Magic Pass. La répartition des recettes des abonnements repose en partie sur le forfait journalier le moins cher. En d'autres termes: si une station propose des billets journaliers nettement moins chers que ses concurrents Magic Pass, elle perçoit une part moins importante des recettes des abonnements.
Pour profiter des petits prix à Belalp, vous auriez donc dû acheter votre forfait journalier des semaines à l'avance. «Pratiquement personne ne le fait», explique Mario Gertschen, directeur général. «La plupart des clients achètent leur forfait un ou deux jours avant.» Il ajoute toutefois qu'il reste d'importantes réductions sur les forfaits multi-jours à tarification dynamique.
Vail Resorts augment ses prix
D'après un communiqué, les remontées mécaniques de Gstaad abandonnent leur système de tarification dynamique pour cet hiver. La station de ski applique désormais des tarifs saisonniers. Le forfait journalier coûte 84 francs suisses pendant les vacances scolaires de février, puis 69 francs à partir de fin mars. Cette mesure remplit deux objectifs: éliminer les fluctuations de prix à court terme et contrer les accusations de manque de transparence de la politique tarifaire.
A Crans-Montana (VS), le prix minimum a aussi augmenté de 20 francs. La fourchette de prix s'étend désormais de 59 à 89 francs. «Cet ajustement reflète les améliorations apportées à l'expérience client. Nous avons amélioré la qualité des pistes, investi dans l'enneigement artificiel et rouvert les restaurants», explique John Plack, porte-parole de Vail Resorts. Le géant américain des stations de ski a acquis les remontées mécaniques de la sation valaisane fin 2023.
Dans la station de ski de Chäserrugg (SG), les critiques des associations de consommateurs ont porté leurs fruits. Même si les remontées mécaniques ne communiquent pas de prix minimum ni maximum, elles ont mis au point un outil en ligne utilisable depuis cet hiver, en collaboration avec des associations de consommateurs. Cet outil permet aux clients de savoir si l'offre du moment est relativement bon marché ou chère.