L'attaque de Winterthour (ZH) du 28 mai a déclenché de nouveaux débats intenses sur la lutte contre le terrorisme. Les dispositifs fonctionnent-ils en Suisse? Le Service de renseignement de la Confédération (SRC) et les corps de police sont-ils armés pour faire face aux menaces?
L'agresseur était connu de la commission spéciale Master de la police cantonale zurichoise, qui avait d'ailleurs informé la police judiciaire fédérale deux jours avant les faits que l'homme de 31 ans s'était présenté à la police municipale de Winterthour avec un appel à l'aide confus.
Des informations contradictoires
On ne sait pas si la commission spéciale avait l'homme en permanence dans son radar depuis qu'il s'était radicalisé il y a plus de dix ans. Cette hypothèse semble pourtant contredite par la version des autorités zurichoises, qui ont affirmé en conférence de presse qu'il venait tout juste de rentrer de Turquie.
La mère de l'assaillant a toutefois indiqué à la police que son fils était de retour en Suisse depuis l'été dernier, après être parti en Turquie un an plus tôt. Manifestement, la commission spéciale était en contact avec les autorités fédérales à son sujet.
Dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, le SRC enregistre ce genre de profil en tant que personnes dites à risque, qui représentent une menace pour la sécurité intérieure et extérieure de la Suisse. Le porte-parole du SRC, Christoph Gnägi, nous a confirmé: «Début juin 2026, le SRC a enregistré 44 personnes à risque.»
Selon lui, le SRC les signale en permanence à l'Office fédéral de la police et au Ministère public de la Confédération. En cas de soupçon d'actes punissables, il transmet les cas aux autorités de poursuite pénale.
Près de 1000 dans le radar
Le SRC, dirigé par le nouveau directeur Serge Bavaud depuis un peu plus de six mois, estime que la menace terroriste est accrue et marquée par le mouvement djihadiste. «La plus grande menace provient d'individus isolés ou de petits groupes qui attaquent par exemple avec des couteaux des cibles difficiles à protéger», explique le porte-parole. L'attentat de Winterthour correspond donc à un tel cas de menace.
Outre les personnes à risque, le SRC a également à l'œil des «individus remarquables» de sites Internet, de réseaux sociaux et de forums de djihadistes. Le nombre de ces utilisateurs est passé de 922 à 958 depuis novembre dernier. Mais selon le SRC, cela ne signifie pas qu'il surveille toutes ces personnes qui se sont fait remarquer par leurs activités en ligne.