Nathalie Wappler, qu'est-il arrivé à votre main?
J'ai glissé sur le verglas à Arosa. Je dois désormais porter un plâtre.
Avez-vous ensuite appelé le studio régional des Grisons en leur conseillant d'enquêter sur les raisons pour lesquelles le service hivernal ne fonctionne pas à Arosa?
Non, je ne donne pas d'instructions aux rédactions. Je suis tombée pendant le week-end et j'ai dû me rendre aux urgences. Ils ont ri, car je n'étais pas la seule. Heureusement, je n'avais pas de blessure compliquée, mais une fracture classique.
Excusez le jeu de mots, mais comment trouvez-vous votre équilibre sur un terrain politique glissant?
Je ne suis pas confrontée à un terrain politique glissant, mais à une campagne électorale émotionnelle. Comme toujours, il y a des avantages et des inconvénients. L'initiative est beaucoup trop radicale et vise à réduire de moitié la SSR. C'est l'avis du Conseil fédéral et aussi du Parlement, qui conseillent de rejeter l'initiative.
Dans votre bureau, vous avez des affiches de la série culte «Tschugger». Pourriez-vous produire cette série avec 200 francs par ménage?
Non, vous pouvez oublier ça! Les programmes de fiction sont coûteux, allant du développement du scénario à la production. Avec 200 francs, l'avenir du cinéma suisse est en danger. La SSR dépense chaque année environ 34 millions de francs pour la production cinématographique suisse. Ce montant comprend les documentaires, les séries et les films de cinéma coproduits avec la SRF. Un petit pays comme la Suisse, avec ses différentes régions linguistiques, a besoin d'histoires qui lui sont propres. Pour cela, il faut une SSR forte.
Même avec 200 francs, on peut faire beaucoup...
Ce qui me dérange dans la campagne référendaire, c'est cette légèreté feinte. J'entends souvent: «Ne faites pas tant d'histoires! Ces économies sont minimes!» Ce n'est justement pas le cas. Les conséquences seraient extrêmes. Et gare à nous si nous supprimons des émissions. On entendra alors toujours: «Faites des économies dans l'administration, pas dans les programmes!» Or, l'administration ne représente que 6% des dépenses de la SRF. Si nous devons faire des économies de cette ampleur, cela aura également un impact important sur les programmes.
Pourquoi ne fermez-vous pas le site de Bâle? Cela permettrait d'économiser beaucoup d'argent.
C'est le danger de l'initiative visant à réduire de moitié le budget. Si elle est acceptée, nous devrons nous retirer de la plupart des régions. Mais les gens veulent une SSR ancrée localement, de Genève à Saint-Gall. Bâle en fait partie.
Si les informations régionales sont si importantes, pourquoi ne jouent-elles pas un rôle plus important dans l'application? Vous avez supprimé un onglet qui leur était dédié.
L'information régionale est importante pour le service public. Mais c'est vrai, nous avions auparavant une rubrique en ligne dédiée, qui n'était toutefois pas très utilisée. Depuis, nous mettons davantage l'accent sur la régionalité dans l'application d'actualités et présentons des sujets régionaux qui ont un intérêt national. En tant qu'utilisateur, vous percevez cela comme du contenu SRF et pas nécessairement comme la contribution d'un studio régional.
L'incendie catastrophique de Crans-Montana est également un sujet émotionnel. Pourquoi n'avez-vous pas diffusé d'émission spéciale ce soir-là, mais d'autres émissions?
Nos collègues ont fait un excellent travail le 1er janvier. Il est important pour moi de souligner que pendant la journée, notre principale chaîne d'information n'est pas la télévision, mais l'application. Ce jour-là, nous avons eu 1,6 million d'utilisateurs sur notre application d'actualités. Le soir, lorsque les gens étaient chez eux, nous avons diffusé une édition prolongée dans le téléjournal du soir.
En cas de catastrophe nationale, la SRF ne doit-elle pas être en mesure de diffuser des émissions spéciales aux heures de grande écoute?
Nous nous posons toujours la question suivante: que pouvons-nous améliorer? Je pense que nous aurions dû activer plus tôt la radio visuelle afin que les présentateurs et leurs interlocuteurs soient visibles.
Fin avril, vous quitterez vos fonctions. Vous avez été à la tête de la SRF pendant sept ans. Avec le recul, que feriez-vous différemment?
La transformation numérique est cruciale pour nous. Et elle est couronnée de succès, comme le prouvent les chiffres. Au vu de l'évolution rapide du marché des médias, j'aurais pu, avec le recul, être encore plus ambitieuse dans le domaine numérique. Et j'aurais dû insister davantage sur l'importance de cette évolution. Autrefois, la médiathèque était une archive permettant de revoir des émissions. Aujourd'hui, nous disposons d'une plateforme de streaming qui fonctionne tout à fait différemment. Nous aurions dû la lancer plus tôt.
A l'avenir, vous serez conseillère pour la radiodiffusion publique en Allemagne. Allez-vous retourner à Weimar, où vous travailliez auparavant?
Non, il s'agit d'un mandat à temps partiel. Je reste à Zurich.