Les Suisses et les Suissesses ne devront pas faire de service citoyen. Le peuple a massivement refusé dimanche l'initiative populaire «Pour une Suisse qui s'engage», selon une tendance de gfs.bern. Selon une projection de gfs.bern, le «non» s'élève à 85%.
Les «ultra-riches» ne seront pas plus taxés pour financer des mesures climatiques. Le peuple suisse a refusé dimanche à 79% l'initiative des Jeunes socialistes «Pour l'avenir» qui voulait un impôt fédéral sur les successions et les donations, selon une tendance de gfs.bern.
Les Genevois ne veulent pas d'aide pour les soins dentaires. Selon les premiers résultats, l'initiative du PS, qui prévoyait un chèque annuel de 300 francs, est refusée de justesse dimanche. Le contreprojet est aussi rejeté. L'initiative «Pour des soins dentaires accessibles à toute la population» récolte 50,51% de «non», selon les résultats basés sur près de 95% des votants. Elle prévoyait un chèque dentaire annuel pour les personnes éligibles aux subsides d'assurance-maladie mais qui ne bénéficient d'aucune autre forme d'aide sociale et qui renoncent parfois à aller chez le dentiste pour des raisons financières.
Le coût total du dispositif était estimé à 45,5 millions de francs, avec des actions de prévention et la création d'un poste de dentiste cantonal. Mais ces mesures étaient jugées inefficaces par la droite et le Conseil d'Etat. D'où l'élaboration d'un contreprojet qui prévoit notamment un soutien financier plus ciblé. Cette proposition alternative est refusée par 55,53% des votants.
Les étrangers établis en terre vaudoise ne pourront toujours pas voter sur le plan cantonal. L'initiative qui voulait leur attribuer ce droit a été nettement rejetée dimanche dans les urnes Initiée par le mouvement citoyen Ag!ssons et soutenue par la gauche, l'initiative est écartée par 63,6% des votants. Le texte demandait que les étrangers, comme cela se fait depuis 2003 sur le plan communal, puissent participer à des scrutins cantonaux, sous certaines conditions (habiter depuis au moins 3 ans dans le canton et au moins 10 ans en Suisse). Le peuple vaudois n'a toutefois pas voulu changer le système, lui qui avait déjà rejeté une initiative similaire en 2011, balayée à l'époque à près de 70%.
Les Vaudois domiciliés à l'étranger pourront par contre participer à l'élection au Conseil des Etats, comme cela se fait déjà pour le Conseil national. La population a accepté cette modification constitutionnelle. Le «oui» l'a largement emporté avec 63,9% des voix, tandis que le taux de participation s'est élevé à environ 42%. Environ 25'000 Vaudois vivant à l'étranger sont potentiellement concernés. Ils pourront donc voter pour des candidats au Conseil des Etats, mais aussi être élus. En cas d'élection toutefois, ils devront revenir se domicilier dans le canton. Vaud devient le 14e canton à autoriser ses ressortissants de l'étranger à participer à l'élection à la Chambre haute à Berne. Tous les cantons romands, à l'exception du Valais, permettent désormais cette disposition.
Finalement, Vaud ne souhaite pas accorder automatiquement le droit de vote aux personnes sous curatelle de portée générale pour cause d'incapacité durable du discernement. A plus de 71%, la population a balayé une proposition de modification de la Constitution. Ce changement de pratique aurait concerné environ 1400 individus dans le canton. Des personnes qui, pour l'essentiel, sont atteintes de troubles psychiques et exclues du corps électoral.
Fribourg a rejeté ce dimanche l'initiative de la gauche et des syndicats visant à introduire un salaire minimum dans le canton. Le non l'a emporté à 53,54%, selon les résultats de l'ensemble 122 communes. Autorités et milieux économiques s'y opposaient.
L'initiative législative intitulée «Pour un salaire minimum» visait à ancrer dans la loi sur l’emploi et le marché du travail (LEMT) un salaire minimum obligatoire de 23 francs de l’heure, soit de 4000 francs par mois. L'objectif du comité d'initiative était clair: «Permettre à tous les salariés de vivre de leur travail». Le Conseil d’Etat affichait un avis opposé, en voyant dans l'instauration d'un salaire minimum légal pour les plus de 18 ans un danger pour l'économie fribourgeoise. Il jugeait l'initiative «extrême», en estimant que l’introduction de l'un tel instrument risquerait «de perturber le bon fonctionnement du marché du travail».
En cas d'acceptation, Fribourg deviendrait le sixième canton à instaurer un salaire minimum après Neuchâtel, Jura, Genève, Tessin et Bâle-Ville.