Plus que 200 francs de taxes Serafe au lieu de 335 francs aujourd'hui: c'est ce que les électeurs suisses devront décider dans les urnes le 8 mars 2026. Avant que la campagne de votation sur l'initiative de réduction de moitié n'entre dans sa phase active, l'UDC lance déjà une offensive en dénonçant des erreurs commises par la télévision suisse.
Deux émissions diffusées le week-end dernier sont à l'origine de la polémique. Dans un passage au «Tagesschau», la correspondante de la SRF en Allemagne Alexandra Gubser a commenté les protestations contre le rassemblement de la jeunesse de l'AfD à Giessen, au cours desquelles 50 policiers ont été blessés selon les autorités.
Une réclamation déposée
«Que la SRF qualifie de pacifiques des protestations ayant fait des dizaines de blessés est incompréhensible et témoigne d'une couverture extrêmement biaisée», critique le conseiller national UDC Thomas Matter.
Selon lui, la phrase d'Alexandra Gubser sur la démocratie est encore plus problématique: «Perturber un rassemblement parce que l'on ne partage pas une opinion politique n'a rien de démocratique.» Thomas Matter rappelle en outre qu'en 2022, après la défaite de Marine Le Pen face à Emmanuel Macron, Alexandra Gubser avait déclaré qu'elle avait «un poids en moins sur le cœur» et qu'une élection de la candidate du RN aurait été un «cauchemar». Il annonce vouloir déposer une réclamation auprès de l'organe de médiation de la SSR.
L'UDC étudie également une réclamation concernant le documentaire «Richter unter Druck – Wie unabhängig ist die Schweizer Justiz?», diffusé dimanche par la SRF. «L'UDC y est constamment critiquée, alors que son point de vue est nettement moins présent que celui de ses détracteurs», s'indigne Thomas Matter.
«Briser le pouvoir de marché de la SSR»
Selon la SRF, aucune erreur n'a été commise dans ce documentaire. Le chef du groupe parlementaire UDC Thomas Aeschi aurait refusé une demande d'interview, ce qui est expliqué de manière transparente dans le film. Et le conseiller national UDC Manfred Bühler, qui s'est exprimé à sa place, a pu répondre aux critiques «de manière détaillée, nuancée et dans l'esprit du 'meilleur argument'». La SRF précise que l'accent est mis sur l'UDC parce que le parti exige particulièrement que les juges agissent conformément à leur ligne.
En revanche, la SRF admet que la critique concernant la prestation d'Alexandra Gubser n'est pas entièrement infondée: le compte rendu et les formulations ont été «discutés en interne dans le cadre des retours réguliers sur l'émission». La phrase sur la «démocratie défensive» n'a pas été «placée de manière optimale». «Elle visait les manifestants pacifiques et non les lanceurs de pierres, ce qui a toutefois été partiellement mal compris.»
Pour le conseiller national UDC Thomas Matter, ces deux cas montrent qu'un «fort penchant pour la gauche» perdurerait à la SRF. Selon lui, cela renforce la nécessité de soutenir l'initiative de réduction de moitié: «Il faut briser le pouvoir de marché de la SSR afin qu'elle dispose de moins de moyens pour diffuser des idéologies.»