Le bras de fer juridique autour des milliards de dollars de droits de douane américains a commencé: de nombreuses entreprises réclament à l'Etat fédéral le remboursement des taxes d'importation qu'elles ont payées et que la Cour suprême a déclarées illégales vendredi passé.
Le gouvernement de Donald Trump n'a pas encore déterminé comment et quand les autorités douanières rembourseront l'argent collecté illégalement. Mais une chose est sûre: il s'agit d'une somme importante. L'université de Pennsylvanie estime le montant à 175 milliards de dollars. Les entreprises suisses pourraient, elles aussi, récupérer leurs parts.
Victorinox examine une demande
Parmi les entreprises qui souhaiteraient être remboursées: le fabricant de couteaux Victorinox. «Le volume potentiel de récupération de l'année dernière s'élève à environ 3,8 millions de dollars. Nous examinons actuellement avec soin les conditions juridiques et administratives ainsi que la procédure concrète», déclare le CEO, Carl Elsener, à l'agence de presse AWP. Mais le patron de Victorinox exige surtout une chose: une sécurité de planification à long terme.
Déjà à la mi-novembre, lorsque les droits de douane ont été réduits de 39 à 15%, Victorinox avait fait valoir des demandes de remboursement à hauteur de 300'000 dollars. L'administration Trump avait alors remboursé 266'000 dollars.
Le fabricant de skis Stöckli a aussi attaqué en justice le gouvernement Trump. Il l'a fait mercredi dernier, soit deux jours avant la décision de la Cour suprême américaine, comme rapporte CH Media. La société basée à Malters (LU) n'est pas la seule entreprise suisse à avoir franchi le pas. Le fabricant zurichois d'accessoires informatiques Logitech, l'entreprise de biotechnologie bâloise Jungbunzlauer, le groupe horloger neuchâtelois Sowind Group et le distributeur genevois de produits de luxe CL International ont aussi déposé une demande de remboursement. D'autres entreprises horlogères suisse, dont Swatch et Breitling, ont annoncé faire des demandes dans ce sens.