La Fédération de l'industrie horlogère suisse (FH) a déclaré lundi ne pas encore savoir à combien s'élèveront exactement pour les horlogers du pays les nouveaux droits de douane annoncés par le président américain Donald Trump en fin de semaine dernière. En attendant plus de clarté, elle considère comme «légitime» le fait que certains d'entre eux, comme le groupe Swatch, entendent réclamer le remboursement des taxes déjà payées après leur annulation par la Cour suprême des Etats-Unis.
«Il n'est pour l'heure clair pour personne, ni même probablement pour les autorités américaines, comment vont s'appliquer exactement ces nouvelles taxes. Elles ont été partiellement annoncées oralement mais il n'y a pas encore de décret», a dit au cours d'un entretien avec l'agence AWP, Yves Bugmann, président de la FH.
Selon lui, les droits de douane devraient rester plus ou moins au taux actuel, soit 10% additionnés aux 5% des droits standards (NPF), mais il n'est pas exclu qu'ils passent à 15%, en plus des 5% de droits standards, soit 20% au total. «Il faut que tout cela soit tiré au clair, nous sommes en contact avec les autorités suisses», a-t-il ajouté.
Aux yeux du responsable de la FH, il est par ailleurs «légitime» que certaines sociétés horlogères souhaitent réclamer le remboursement des droits de douanes payés après leur invalidation vendredi par la Cour suprême américaine. Celle-ci a considéré que Donald Trump avait outrepassé ses fonctions en imposant de telles taxes.
Swatch va réclamer le remboursement des taxes
Swatch a par exemple annoncé lundi à AWP que sa filiale aux Etats-Unis allait demander le remboursement rétroactif des surtaxes payées. Les informations au sujet des nouveaux droits de douane «sont pour l'heure contradictoires et lacunaires. Il est donc difficile de prendre position», a ajouté un porte-parole du groupe horloger biennois.
Il a souligné que le conflit douanier était «surestimé» et que le franc fort constituait «une bien plus grande menace pour l'économie suisse d'exportation.»Durant le week-end, c'est la marque soleuroise Breitling qui a dévoilé dans la presse alémanique qu'elle allait réclamer «des sommes importantes» indûment payées. Contacté, le groupe genevois Rolex a de son côté refusé de commenter la situation.
Au sein de la FH, l'heure est aux concertations avec les membres et une solution uniforme pour réclamer ces remboursements ne se dessine pas encore. «La situation est très différente d'une société à l'autre en fonction de leur mode d'importation aux Etats-Unis», a mis en avant Yves Bugmann.
Le président relève en effet que comme c'est l'importateur qui doit réclamer le remboursement des droits de douane, les démarches vont être plus aisées pour les entreprises qui ont une filiale au pays de l'oncle Sam que pour celles qui dépendent de détaillants indépendants américains.