Le ministre iranien des Affaires étrangères est parti dimanche pour Genève où doit se tenir une nouvelle session de pourparlers nucléaires avec les Etats-Unis, a annoncé son ministère dans un communiqué. Abbas Araghchi «a quitté Téhéran pour Genève (...) à la tête d'une délégation diplomatique et technique afin de mener le deuxième cycle de négociations nucléaires et de tenir une série de consultations diplomatiques», a-t-il indiqué, précisant que ces pourparlers «indirects» se tiendraient mardi sous la médiation du sultanat d'Oman.
Lors de sa visite à Genève, Abbas Araghchi devrait s'entretenir avec ses homologues suisse et omanais, ainsi qu'avec le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, et d'autres responsables internationaux, a ajouté le ministère.
Reprise des pourparles début février
Les Etats-Unis et l'Iran avaient repris des pourparlers le 6 février à Oman, salués par les deux parties qui avaient dit vouloir les poursuivre. Cette session était la première depuis l'interruption des précédentes négociations en juin en raison de la guerre de 12 jours entre l'Iran et Israël, déclenchée par des frappes israéliennes contre des sites nucléaires et militaires.
Les Etats-Unis, alliés d'Israël, avaient également bombardé des sites nucléaires iraniens. La Suisse avait annoncé samedi la tenue de ces discussions la semaine prochaine, sans en préciser le jour. Le président américain Donald Trump a multiplié les menaces d'une intervention militaire contre l'Iran tout en laissant la porte ouverte à un règlement diplomatique, portant notamment sur le programme nucléaire iranien.
Les pays occidentaux et Israël, ennemi juré de la République islamique et considéré par des experts comme la seule puissance nucléaire au Moyen-Orient, soupçonnent l'Iran de vouloir se doter de l'arme nucléaire. Téhéran dément nourrir de telles ambitions, mais insiste sur son droit à développer une filière nucléaire civile.
Uranium enrichi
Etats-Unis et Iran divergent sur la teneur des discussions. L'Iran ne veut discuter que de son programme nucléaire. Washington, comme Israël, exige également qu'il limite son programme de missiles balistiques et cesse de soutenir des groupes armés régionaux. Sur l'aspect nucléaire, le Premier ministre israélien a indiqué que «la première condition» pour qu'un accord soit conclu entre les Etats-Unis et l'Iran, «est que tout le matériel enrichi doit quitter l'Iran». Plusieurs pays, dont la Russie, ont proposé à Téhéran de prendre en charge ce stock.
«La seconde condition est qu'il ne doit y avoir aucune capacité d'enrichissement, il ne s'agit pas simplement d'arrêter le processus d'enrichissement, mais de démanteler les équipements et les infrastructures qui permettent d'enrichir l'uranium», a ajouté Benjamin Netanyahu.
Dans une interview à la BBC publiée dimanche, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Majid Takht-Ravanchi, a indiqué que son pays était prêt à un compromis concernant son stock d'uranium hautement enrichi si Washington levait les sanctions qui pénalisent l'économie iranienne. L'uranium enrichi à un taux très élevé (90%) peut servir à fabriquer la bombe A, communément appelée bombe atomique.
Trump envoie son gendre et son émissaire
L'émissaire de la Maison Blanche Steve Witkoff et le gendre de Donald Trump, Jared Kushner, se rendront à Genève cette semaine pour discuter avec les négociateurs iraniens du programme nucléaire de Téhéran, a confirmé dimanche la Maison Blanche.
Un responsable américain, s'exprimant sous couvert d'anonymat, a confirmé à l'AFP que les deux hommes, les principaux négociateurs de Donald Trump avec l'Iran, représenteraient Washington lors des pourparlers.