«La plus grande escroquerie du canton»
Un restaurateur a encaissé cinq crédits Covid pour 250'000 francs

Un restaurateur lucernois a déposé sept demandes de crédit Covid durant la pandémie. Cinq d'entre elles lui avaient été accordées. Pour le ministère public, pas de doute: il s'agit d'une fraude.
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La pandémie du Covid a rendu la vie difficile au monde entier à partir du début des années 2020. (Image symbolique)
Photo: keystone-sda.ch
Denis Molnar

La pandémie de Covid a frappé de plein fouet le secteur de la restauration. Beaucoup de restaurateurs ont dû mettre la clé sous la porte, et nombre d'entre eux ont dû recourir à des crédits.

Mais un gérant d'établissement lucernois a fortement abusé de ces aides de la Confédération. Il en a demandé sept à partir de mars 2020. Deux d'entre elles ont été refusées, mais il a réussi à en obtenir cinq. Lors de ces demandes, le restaurateur aurait toutefois indiqué des chiffres d'affaires que le tribunal juge fantaisistes, comme le relate la «Luzerner Zeitung».

En outre, l'Italien de 53 ans, qui est né et a grandi en Suisse, aurait déclaré trop de collaborateurs. Il aurait ainsi reçu environ 250'000 francs sur trois mois. Il aurait ensuite utilisé cet argent non pas pour faire face à des problèmes de liquidités, mais pour des affaires privées.

Le tribunal veut l'exclure du pays

Lors de l'audience devant le tribunal criminel de Lucerne, le procureur a donc dénoncé la «plus grande escroquerie au crédit Covid dans le canton de Lucerne». Il requiert 3 ans et 6 mois de prison et une expulsion du territoire de 7 ans. Selon le père de famille accusé, il aurait mal calculé ses effectifs pour ses projets et se serait basé sur un chiffre d'affaires escompté. «Je suis parti du principe que c'était juste.»

Environ 180'000 francs sont réclamés. Mais l'accusé n'a aucun revenu – et il vient de déclarer faillite. Il n'a toujours pas été en mesure de rembourser l'argent. Son avocat demande un acquittement complet, ce qui signifie que l'expulsion ne serait plus d'actualité. Dans son plaidoyer, il a en outre affirmé que son client n'avait tout simplement pas conscience de l'injustice. Les parties recevront le jugement par écrit.

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