Artisan Partners encourage le géant bancaire à quitter la Suisse
«La Suisse n'est plus un lieu désirable pour UBS»

Artisan Partners, actionnaire majeur d'UBS, presse la banque de quitter la Suisse, dénonçant des règles bancaires «punitives». UBS réaffirme cependant son intention d’y rester.
Le géant bancaire entend «protéger les intérêts de ses actionnaires en continuant à apporter des faits et analyses pour soutenir une prise de décision éclairée»
Photo: Sven Thomann
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AFP Agence France-Presse

UBS a «pour objectif de continuer d'exercer ses activités en Suisse», a réaffirmé la banque en réponse à une lettre du gestionnaire de fonds américain Artisan Partners qui l'encourage à déménager ailleurs, jugeant le durcissement des règles bancaires «excessif».

Dans une lettre adressée au conseil d'administration, publiée mercredi soir, le gestionnaire de fonds américain dit avoir «suivi de près le débat en Suisse» sur les exigences en matière de fonds propres et estime que les coûts pour UBS du projet de réforme sont «excessifs, punitifs et inutiles».

«La Suisse n'est plus un lieu attractif, ni désirable pour UBS», ajoute ce fonds américain qui précise détenir «plus de 60 millions d'actions d'UBS» à travers ses différents placements.

«Nous exhortons le Conseil d'administration à agir à la lumière de la sombre réalité dans laquelle se trouve désormais UBS et à rompre avec un pays et un cadre réglementaire qui ne lui laissent pas de véritable choix», ajoute la lettre.

Le projet du Conseil fédéral rejeté

Contactée par l'AFP, la banque a dit «prendre note de cette lettre ouverte». Mais «comme nous l'avons constamment affirmé, notre objectif est de continuer à exercer nos activités avec succès en tant que banque mondiale depuis la Suisse», a-t-elle ajouté.

Le géant bancaire entend «protéger les intérêts de ses actionnaires en continuant à apporter des faits et analyses pour soutenir une prise de décision éclairée» et «en plaidant pour une réglementation véritablement ciblée, proportionnée et harmonisée au niveau international, qui s'attaque aux causes profondes de la crise de Credit Suisse».

La semaine dernière, le Conseil des Etats avait rejeté à une courte majorité le projet du Conseil fédéral qui voulait obliger UBS à couvrir à 100% la valeur comptable de ses filiales à l'étranger à l'aide de fonds propres durs, dits CET1, et avaient opté pour une autre solution les fixant à 90%, le choix des instruments financiers pour les 10% restants étant à la discrétion de la banque.

Le Conseil fédéral cherche à tirer les leçons du sauvetage de Credit Suisse en 2023. Pour éviter sa faillite, UBS avait racheté son ex-concurrente sous la pression de Berne. L'exécutif a depuis lancé un projet de réforme visant à renforcer les exigences au niveau des fonds propres pour s'assurer qu'UBS puisse résister en cas de choc sur l'économie ou les marchés financiers. La réforme souhaitée doit désormais être examinée par le Conseil national.

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