La direction en pleine restructuration
Aleksandar Ivanovic a une longueur d’avance dans la course au poste de PDG d'UBS

Le directeur d’UBS, Sergio Ermotti, s’apprête à quitter ses fonctions pour rejoindre le conseil d’administration. Aleksandar Ivanovic, actuel dirigeant du département Asset Management, est pressenti pour lui succéder.
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Aleksandar Ivanovic a un parcours similaire à celui de Sergio Ermotti, avec lequel il s'entend bien.
Photo: UBS
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Beat Schmid

C’est le début de la fin de l’ère Ermotti. Cette semaine, le banquier tessinois de 65 ans a confirmé qu’il quitterait son poste de PDG de la banque UBS au plus tôt fin 2026 ou début 2027. Il s’agit de sa deuxième démission du poste opérationnel le plus élevé de la plus importante banque de Suisse. 

Mais contrairement à sa dernière démission remontant à six ans en arrière – il avait alors rejoint le conseil d’administration de Swiss Re – sa carrière devrait se poursuivre à UBS, au sein du plus haut organe de direction de la banque. Un transfert au conseil d’administration n’est possible qu’à partir d’avril 2027. Soit, lorsqu’il quittera son rôle de PDG et se soumettra à une période de «cooling-off» de six mois. Bien que cette période dite de «refroidissement» ne soit pas obligatoire sur le plan juridique, elle fait partie des bonnes pratiques de gouvernance.

Ce serait du moins l’option rapide. Une autre possibilité serait qu’il soit élu à l’automne 2027 dans le cadre d’une assemblée générale extraordinaire. Ou seulement en avril 2028, ce qui constituerait l’alternative la plus lente. Quoi qu’il en soit, une fois que Sergio Ermotti sera élu au conseil d’administration, il ne faudra pas attendre longtemps pour qu’il en prenne la présidence. Le dirigeant actuel, Colm Kelleher, a fait savoir qu’il souhaitait voir Sergio Ermotti lui succéder. 

Qui remplacera Sergio Ermotti?

Une autre question agite actuellement les banquiers de la Bahnhofstrasse 45 à Zurich: qui emménagera dans la pièce d’angle du deuxième étage, où se trouve traditionnellement le bureau du directeur? Il n’y a pas d’informations sûres à ce sujet. Mais un candidat semble actuellement avoir une longueur d’avance: Aleksandar Ivanovic, directeur de la division Asset Management d’UBS.

Ce Suisse a un parcours similaire à celui de Sergio Ermotti. Il a commencé sa carrière par un apprentissage bancaire chez UBS. Il s’est ensuite installé à Londres pour travailler dans la banque d’investissement d’UBS, puis a rejoint la grande banque américaine Morgan Stanley. Après avoir obtenu un master à la London Business School, il est revenu en Suisse chez UBS, où il n’a cessé de gravir les échelons depuis 2018.

Le département Asset Management qu’il dirige s’occupe des clients dits institutionnels, c’est-à-dire les grands investisseurs tels que les caisses de pension, les assurances ou les grands investisseurs privés professionnels. Les personnes qui ont eu affaire à lui le décrivent comme compétent, fiable et social. «Il sait y faire», a déclaré un investisseur à son sujet.

Ivanovic est l’anti-Khan

A l'interne aussi, il rencontre un certain succès. Son département, qui a longtemps été éclipsé par les trois grands – Wealth Management, Suisse et Investment Banking – a gagné en visibilité sous sa direction. Il est également apprécié par collaborateurs, est considéré comme intègre. Et surtout, il s’entend bien avec Sergio Ermotti.

En tant que banquier et en tant qu’homme, il est à l’opposé d’Iqbal Khan, codirecteur de Wealth Management, qui nourrit certes de grands espoirs de devenir PDG, mais qui, avec son caractère énergique, voire trop ambitieux, polarise fortement les opinions, non seulement en interne, mais aussi dans le milieu financier et auprès des clients. Son transfert tumultueux du Crédit Suisse à UBS, les échecs de certains de ses produits et son passé au sein du Crédit Suisse, qualifié de «culture pourrie» par le magazine Bilanz, pèsent sur ses chances.


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