Ce lundi, la Commission d'économie et des redevances du Conseil des Etats se réunit dans un climat particulièrement tendu. La conseillère fédérale Karin Keller-Sutter risque une défaite cuisante. En effet, la ministre des Finances ne devrait même pas pouvoir compter sur le soutien des élus de son propre parti face à sa dernière proposition. Son objectif? Obtenir d'UBS qu'elle couvre ses filiales étrangères à 100% avec du capital propre de base dur (CET1).
L'ancien chef du parti, Thierry Burkart, avait déjà pris ses distances avec la ministre des Finances l'année dernière en présentant un contre-projet: autoriser UBS à comptabiliser une partie de ses fonds propres sous forme d'emprunts AT1, une option nettement moins coûteuse à lever pour la banque que du capital propre dur. Thierry Burkart et le conseiller aux Etats de Nidwald Hans Wicki n’ont pas souhaité s’exprimer auprès de Blick.
«Durcir massivement les exigences»
De son côté, le conseiller aux Etats PLR appenzellois Andrea Caroni annonce clairement sa position: «Je m’engage actuellement en faveur de compromis afin qu’UBS puisse, pour ses activités à l’étranger, faire prendre en compte en partie des obligations AT1 en plus des fonds propres de base durs. Pour cela, il faudrait toutefois renforcer considérablement les obligations AT1 actuelles. Plus celles-ci sont strictes, plus on pourrait en autoriser l’utilisation.»
Martin Schmid, membre du Conseil des Etats du PLR des Grisons, critique le Conseil fédéral: «Je regrette qu’il n’y ait toujours pas de paquet global de réglementation des grandes banques et que le Conseil fédéral ait manqué l’occasion de présenter les autres volets réglementaires au Parlement dans le même délai. Il manque donc une vision d’ensemble.» Le porte-parole de Keller-Sutter, Pascal Hollenstein, rejette ces critiques: les paramètres clés sont connus depuis longtemps, la vision d’ensemble est suffisante, et la mesure relative aux fonds propres chez UBS peut également être considérée isolément.
Le cours de l'action UBS ne cesse de grimper
Karin Keller-Sutter a plusieurs atouts en main: la Banque nationale suisse soutient sa position, tout comme le Fonds monétaire international et le Conseil de stabilité financière.
A cela s’ajoute le fait qu’UBS s’est récemment illustrée par de bons résultats et un cours de l’action en hausse. La question des fonds propres semble moins paralyser la banque que ne l’affirment les collègues de parti de Karin Keller-Sutter.