La visite du président américain Donald Trump à Davos en janvier dernier a représenté un véritable tour de force pour les forces de sécurité locales. Certes, l’Américain s’est déplacé avec sa propre armada de gardes du corps, mais c’est bien à la Suisse que revenait la responsabilité finale de son intégrité physique. Cet événement a d'ailleurs attiré une densité de personnalités politiques jamais vue dans les Grisons: Volodymyr Zelensky, Emmanuel Macron, Friedrich Merz et Javier Milei.
Protéger ces personnalités bénéficiant d'un statut international n’est pas une option, mais une obligation régalienne, c'est à dire qu'elle relève de la compétence de l'État hôte concerné. C'est ce que stipulent les accords internationaux. Les chefs d'Etat, les chefs de gouvernement, les ministres et les autres personnes qui représentent leur gouvernement dans le cadre d'une mission officielle relèvent de leur champ d'action.
De plus en plus de personnalités politiques en visite
Ce sont les spécialistes de l'Office fédéral de la police (Fedpol) qui sont à la tête de ces visites en Suisse. Et les politiciens de haut rang leur donnent toujours plus de travail. L'année dernière, 1305 visiteurs protégés par le droit international ont foulé le sol helvétique. Un record depuis la fin de la pandémie, comme le révèlent les chiffres du dernier rapport annuel.
Cette hausse s'explique directement par l'instabilité du climat mondial. En raison des conflits internationaux, la Suisse a accueilli de nombreuses rencontres de haut niveau, impactant directement les polices cantonales.
«La charge de travail reste élevée et suit des mouvements de vague», écrit Fedpol à la demande de Blick. «L'impact sur les polices cantonales demeure est donc conséquent.» Si le nombre de visites a légèrement augmenté par rapport à l'an dernier, le nombre d'évaluations des risques, lui, progresse de manière constante depuis plusieurs années.
Pour chaque personnalité, les agents de Fedpol doivent établir un diagnostic de menace précis. En plus de l'augmentation des visites, le rapport indique qu'il existe une tendance claire à la nécessité de prendre des mesures de sécurité supplémentaires et renforcées pour protéger les personnes et les objets. Cela est principalement dû aux conflits géopolitiques mondiaux.
Une évolution dictée par les tensions géopolitiques globales. A noter que tout dépend du profil: une seule personne jugée «à haut risque» peut nécessiter un dispositif plus massif qu’un groupe entier présentant peu de dangers.
Beaucoup d'argent pour Genève et les Grisons
Le coût de ces opérations reste souvent entouré de mystère. Blick a récemment rapporté pour la première fois des chiffres détaillés pour l'année 2024, qui montrent combien d'argent la Confédération verse aux cantons pour les frais de sécurité. En 2024, les coûts s'élevaient au total à environ 30 millions de francs. Jusqu'en 2012, ils étaient encore inférieurs à 12 millions de francs. Depuis, ils ont augmenté presque chaque année et ont atteint un record de 31 millions de francs en 2022.
L'essentiel des visites a lieu dans la Berne fédérale et surtout à Genève, où de nombreuses organisations internationales ont leur siège. En 2024, la police cantonale genevoise a reçu 8,77 millions de francs à ce titre. Par ailleurs, de nombreux dignitaires étatiques se rendent chaque année au WEF à Davos. La police cantonale grisonne a reçu 8,8 millions de francs en 2024.