«Pas la bonne solution!»
La limitation de vitesse sur l'autoroute divise Albert Rösti et l'UDC

L'UDC refuse de limiter la vitesse à 80 km/h sur l'autoroute, mais le Conseil fédéral insiste. Le parti d'Albert Rösti prévoit de se révolter contre cette limitation prévue sur de nombreux tronçons.
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En cas de trafic trop important, certaines installations peuvent adapter automatiquement la vitesse maximale autorisée.
Photo: Keystone
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Daniel Ballmer

Le ministre des Transports Albert Rösti en est convaincu: la limitation de vitesse à 80 km/h sur l'autoroute fluidifie le trafic, augmente la sécurité et réduit la pollution sonore. La limitation de vitesse aux heures de pointe devrait donc être bientôt appliquée sur une grande partie du réseau autoroutier suisse.

Pour le moment, la vitesse est limitée à 80 km/h aux heures de pointe sur environ 500 kilomètres d'autoroute, mais dans quelques années, cette limitation devrait s'étendre sur 1100 des 2254,5 kilomètres au total, grâce à des affichages électroniques qui passeront à 80 km/h lorsque le trafic sera trop dense.

Cette option ne convient pas à tous les membres de l'Union démocratique du centre (UDC), le parti d'Albert Rösti. Pour le conseiller national Thomas Knutti, la limitation de vitesse à 80 km/h «n'est pas la bonne solution pour le trafic et l'économie». Par voie d'intervention, il demande à la Confédération que la limitation de vitesse soit possible seulement à titre exceptionnel, par exemple pour la sécurité routière.

«Les routes nationales sont l'épine dorsale de la mobilité en Suisse», argumente Thomas Knutti. «Les changements de vitesse fréquents et à grande échelle déstabilisent la fluidité du trafic, augmentent le risque d'accident et engendrent un comportement de conduite inefficace.» En d'autres termes, les changements de vitesse provoqueraient précisément les embouteillages qu'ils sont censés éviter.

Réduire les dépassements

La vitesse de 80 km/h doit être signalée seulement sur certains tronçons et en fonction de la situation, assure le Conseil fédéral. Des réductions de vitesse permettraient d'assurer un flux de trafic régulier, «car les routes nationales sont régulièrement surchargées sur de nombreux tronçons». En témoignent les heures d'embouteillage qui augmentent depuis des années.

Fin 2024, la population s'était prononcée contre une extension des autoroutes. Alors tant qu'il reste impossible d'augmenter la capacité des tronçons saturés, la signalisation temporaire de la vitesse à 80 km/h contribue à stabiliser le flux du trafic et éviter les bouchons, argumente le Conseil fédéral. En effet, à 80 km/h, les voitures circulent à la même vitesse que les camions. Il y a donc moins de dépassements, fluidifiant ainsi le passage sur la voie de dépassement et sur la voie normale.

Seulement en cas d'embouteillage imminent

Parallèlement, circuler à 80 km/h permet un déroulement plus régulier du trafic, avec des intervalles plus courts, moins de changements de voies et donc moins de manœuvres de freinage brusques. Le Conseil fédéral est convaincu que l'infrastructure existante peut ainsi être utilisée plus efficacement.

Néanmoins, la vitesse de 80 km/h n'est signalée que lorsque les installations constatent un risque de surcharge du trafic. «Dès que la situation du trafic se normalise, la réduction de la vitesse est à nouveau levée», souligne le Conseil fédéral.

Renoncer à de telles installations entraînerait des embouteillages plus fréquents et plus marqués, qui auraient un effet négatif sur la sécurité routière, prolongeraient les temps de trajet et entraîneraient un trafic d'évitement indésirable. Sur ce point au moins, Albert Rösti et son parti devraient être d'accord.

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