Une bombe climatique
L'humain fait brûler l'Arctique d'après une étude suisse

Les activités humaines seraient à l'origine d'une augmentation significative des incendies en Arctique, selon une étude de l'Université de Zurich. Les chercheurs appellent à des mesures urgentes de prévention pour protéger cet écosystème fragile.
Cette photographie, prise le 26 juillet 2021, montre un incendie de forêt à l'extérieur du village de Byas-Kyuel.
Photo: AFP
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ATS Agence télégraphique suisse

Les activités humaines sont à l'origine de nombreux feux déclenchés dans la région arctique, constate une étude internationale à laquelle a participé l'Université de Zurich (UZH). Elle conclut à la mise en oeuvre de mesures de prévention efficaces afin de protéger cet environnement unique.

L'étude a démontré qu'entre 2001 et 2013, les incendies, dans l'Arctique, étaient 2,5 fois plus fréquents dans les zones d'activités humaines, indique mercredi l'UZH dans un communiqué. Les chercheurs estiment que le facteur humain a été sous-estimé dans la survenue des feux dans cette région du monde.

La multiplication des incendies dans l'Arctique était, jusqu'à présent, essentiellement attribuée à la hausse des températures et à l'aridification de la région. Le rôle des activités humaines était peu étudié. Pourtant, l'Arctique connaît un développement industriel important lié à l'extraction de gaz, de pétrole et à l'exploitation minière.

Une équipe de recherche dirigée par l'Université de Zurich a voulu en savoir plus sur le sujet. Pour déterminer la présence d'activités humaines en Arctique, les scientifiques ont utilisé les images de satellites montrant les endroits bénéficiant de l'éclairage artificiel la nuit.

Une forte corrélation

Les résultats de l'étude prouvent que les feux étaient plus fréquents dans les zones éclairées la nuit, «ce qui indique une forte corrélation spatiale entre l'activité humaine et la survenue des incendies», explique Cengiz Akandil, premier auteur de l'étude, cité dans le communiqué de l'UZH.

Selon le chercheur, ce constat ne signifie pas pour autant que l'activité humaine est la seule responsable des incendies. Les variations de température, la baisse de l'humidité, la sécheresse sont aussi des éléments à prendre en compte. A l'avenir, il conviendra toutefois de ne pas négliger le rôle des activités humaines.

Protéger les zones habitées

Les systèmes humains doivent être considérés comme faisant partie d'un ensemble interconnecté et ne plus être traités indépendamment de l'environnement, souligne, pour sa part, Miguel Roman, directeur adjoint pour l'atmosphère et les systèmes de données au Centre de vol spatial Goddard de la NASA, co-auteur de l'étude.

Les incendies de la zone arctique peuvent menacer les populations qui habitent ce territoire, mettre en péril un mode de vie unique et détruire des écosystèmes précieux. Ils peuvent aussi accélérer la fonte du pergélisol. Un phénomène qui libérera du carbone qui y est prisonnier, contribuant ainsi à accentuer le réchauffement climatique par effet de serre. 

Pour les auteurs de l'étude, il devient du même coup primordial, avec le développement de l'Arctique, «d'intégrer la prévention des incendies à l'aménagement du territoire, aux opérations industrielles et aux stratégies de protection des zones habitées».

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