Menace pour le journalisme?
Selon une étude suisse, Internet profite aux climatosceptiques

Une étude de l'Université de Zurich révèle que les réseaux sociaux échouent à démocratiser le débat climatique. Les voix sceptiques dominent souvent, et les plateformes favorisent des univers homogènes, limitant les échanges d'idées.
Une étude révèle que les réseaux sociaux échouent à démocratiser le débat climatique. (Image d'illustration)
Photo: Shutterstock
sda-logo.jpeg
ATS Agence télégraphique suisse

Les réseaux sociaux n'ont pas promu autant qu'attendu le débat sur le dérèglement climatique. Dans ce domaine, ils n'ont que partiellement tenu leurs promesses de démocratisation, indique une étude récente de l'Université de Zurich (UZH).

Les premières études avaient pourtant confirmé l'idée que les médias sociaux allaient donner davantage la parole à la société civile sur le sujet du changement climatique. Mais avec le temps, il a fallu déchanter. Cet espoir n'a été que partiellement réalisé, fait savoir l'UZH dans un communiqué publié mardi.

«Parmi les voix non établies, ce sont souvent les voix sceptiques qui bénéficient d'une visibilité disproportionnée» sur les réseaux sociaux quand le discours porte sur le climat, relèvent, cités dans le communiqué, les auteurs de l'étude Mike S. Schäfer de l'UZH et Julia Metag de l'Université de Münster (Allemagne).

Selon l'étude, dans un premier temps, les internautes interagissaient principalement avec des personnes partageant des idées similaires au sein d'un même réseau social. Aujourd'hui, les plateformes d'échanges sont plus nombreuses et ont chacune des règles propres de modération et de vérifications des faits.

Pas de compréhension commune

«Il est probable qu'à l'avenir, les divisions se manifesteront moins au sein des plateformes qu'entre elles», estime Julia Metag. Chaque utilisateur évoluera dans un univers particulier et plus homogène où il sera rarement confronté à des opinions différentes des siennes, ajoute la chercheuse.

Le débat public en sera affecté. «Si cette hypothèse se confirme, parvenir à une compréhension commune du changement climatique deviendra plus difficile, nonobstant la qualité des messages diffusés», souligne Julia Metag. La segmentation des réseaux sociaux et leur multiplication a aussi des conséquences sur le journalisme.

«Cela affaiblit le journalisme»

Une part importante des recettes publicitaires a migré vers les plateformes de l'internet. «Cela affaiblit le journalisme dans son rôle de diffuseur de connaissances, notamment sur le climat», déplore Mike S. Schäfer. Les régions où le service public audiovisuel est peu présent sont particulièrement touchées.

Pour les gens intéressés à la cause climatique, la toile s'avère être une riche source d'informations. En revanche, pour ceux qui s'y intéressent moins, et qui représentent la très grande majorité, les réseaux sociaux n'aident pas, car ils mettent en avant d'autres thématiques que le climat, comme le divertissement ou le mode de vie.

Articles les plus lus