Les finances de l'AI se détériorent nettement en raison d'une forte augmentation des nouvelles rentes. La situation est particulièrement préoccupante chez les 18‑24 ans: près de 70% des 2800 nouvelles rentes attribuées dans ce groupe l'ont été pour des motifs psychiques en 2025, contre 58% en 2017 pour 1830 nouvelles rentes.
La ministre socialiste des Affaires sociales, Elisabeth Baume-Schneider, souhaite mettre les jeunes au cœur de la prochaine révision de l'AI. Les mesures de réinsertion professionnelle doivent ainsi être renforcées. Sur le plan financier, elle propose qu'une prestation d'intégration temporaire remplace la rente AI à durée indéterminée pour les assurés de 18 à 25 ans, comme l'a décidé le Conseil fédéral à la mi‑février.
Cela concerne surtout les jeunes actuellement jugés «inaptes au travail», mais dont un «potentiel de réadaptation» est reconnu. L'Office fédéral des assurances sociales estime qu'environ 1000 des 2800 nouveaux rentiers de 2024 auraient pu bénéficier de cette prestation, soit un peu plus d'un sur trois.
Une prestation inférieure aux rentes actuelles
On connaît désormais le montant de la «rente AI light»: selon les lignes directrices de la réforme, elle correspondra à quatre cinquièmes d'une rente AVS minimale. Actuellement, cette prestation d'intégration atteindrait exactement 1008 francs par mois. Ces informations proviennent de documents internes de consultation des offices, que Blick a obtenus en vertu de la loi sur la transparence.
A titre de comparaison, en 2024, une rente AI complète s'élevait en moyenne à 1711 francs, et à environ 1500 francs pour les jeunes. Comme la nouvelle prestation d'intégration restera insuffisante pour beaucoup, un droit aux prestations complémentaires existe parallèlement. Aujourd'hui déjà, deux tiers des jeunes bénéficiaires de rentes dépendent de ces prestations.
Cette prestation d'intégration sera également limitée. «A l'âge de 25 ans, soit la rente doit être accordée, soit des mesures de réadaptation doivent être mises en place», précise les documens
Alternative «à la mise à la retraite»
D'ici là, les personnes concernées devront bénéficier d'un suivi social et d'un accompagnement renforcés pour stabiliser leur santé et leur offrir des perspectives d'insertion professionnelle. L'objectif est de leur proposer une véritable «alternative à la mise à la retraite», selon le dossier.
Cela a aussi un coût: pour une consultation sociale ciblée et individualisée, l'AI doit couvrir des dépenses pouvant atteindre la moitié d'une rente AVS minimale, soit jusqu'à 630 francs par mois. Parallèlement, l'office AI compétent doit renforcer le suivi et la gestion des dossiers.
La réduction de la prestation d'intégration permet donc de réaliser des économies grâce aux «rentes évitées» à moyen terme, tandis que la mise en place des consultations sociales génère des coûts supplémentaires. A court terme, les responsables prévoient une neutralité des coûts pour l'AI. D'ici 2035, de petites économies d'environ 10 millions de francs par an devraient apparaître, et à partir de 2039, environ 20 millions par an.