«Non à la guerre»
Le 1er Août vire au choc politique avant la votation sur la neutralité

A l’approche de la votation du 27 septembre, la neutralité suisse s’invite au cœur des discours pour la fête nationale. Entre défense du «oui» par l’UDC et contre-offensive du camp opposé, la lutte s’annonce déjà acharnée.
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Un drapeau suisse déchiré c'est avec ce motif que les partisans du «non» font campagne.
Photo: Keystone
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Marco Lüssi

Sous le slogan «Non à la guerre», les partisans de l’initiative sur la neutralité font campagne pour le «oui» en vue de la votation du 27 septembre. Le camp favorable au texte se présente comme pacifiste, comme l'illustre la colombe de la paix sur leurs affiches. En face, les opposants ont choisi une ligne plus offensive: un drapeau suisse déchiré et cette question: «Faut-il détruire une neutralité qui a fait ses preuves?»

Cette formule résume les visions opposées qui s'affrontent. Les partisans de l’initiative affirment qu’un «oui» est nécessaire pour préserver, voire rétablir, la neutralité suisse. Ses adversaires y voient au contraire une tentative de figer la neutralité dans un cadre rigide, au risque de dénaturer un principe appliqué depuis des siècles.

Le thème de la «neutralité» reste incontournable lorsqu’il est question des valeurs suisses. Il figure donc souvent dans les discours du 1er Août. Cette année, il devrait être encore plus présent que d’habitude. De nombreux élus UDC profiteront en effet des célébrations de la fête nationale pour défendre le «oui» à l’initiative. Les représentants des autres partis, eux, ne devraient pas manquer l’occasion d’appeler, plus ou moins directement, à son rejet.

Campagne pas lancée, mais ...

Le camp du «non» ne lancera officiellement sa campagne que le 17 août, après les vacances d’été. Mais à l’approche du 1er Août, ses partisans ont déjà fait placarder des affiches dans certaines communes où des figures de l’UDC doivent prononcer un discours.

C’est notamment le cas à Interlaken, dans le canton de Berne, où Christoph Blocher, ancien conseiller fédéral et figure de proue de l’initiative, s’est exprimé la veille du 1er Août. Des affiches ont aussi été posées à Unteriberg, dans le canton de Schwytz, où le président de l’UDC Marcel Dettling tiendra un discours ce samedi soir, ainsi qu’à Wettswil am Albis, dans le canton de Zurich, où le chef du groupe parlementaire UDC Thomas Aeschi est l’invité d’honneur.

L’idée est d’attirer l’attention des passants sur le fait que la prétendue initiative de «neutralité» est en contradiction avec ce principe, «contrairement à ce qu’affirment les représentants de l’UDC le 1er Août», explique Janine Paumann à Blick. La trentenaire travaille pour l’agence DS Studio, dirigée par le publicitaire David Schärer. L’agence conçoit la campagne transpartisane du «non», comme elle l’avait déjà fait plus tôt cette année contre l’initiative de l’UDC visant à diviser par deux la redevance.

Opinion publique indécise

Les stratèges de cette campagne non partisane ne sont pas les seuls à avoir prévu une action pour le 1er Août. L’association NeutRealität, elle aussi opposée à l’initiative, a publié sur son site une trentaine de vidéos de citoyens appelant à voter «non» à l’occasion de la fête nationale.

La partie s’annonce serrée. Selon un sondage YouGov Suisse publié cette semaine, 40% des quelque 1200 personnes interrogées se disent favorables à l’initiative, contre 38% d’opposants. Les indécis représentent encore 22% de l’électorat. Pour YouGov, l’opinion publique est donc encore en pleine formation. Le sondage montre aussi que le soutien au texte est plus marqué en Suisse romande et au Tessin qu’en Suisse alémanique.

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