Lors d'une plongée le dimanche de Pâques en Polynésie française, l'impensable s'est produit: le capitaine du bateau est emporté par une vague et projeté par-dessus bord. Livré à lui-même, le navire commence à tourner sur lui-même à grande vitesse, incontrôlable, autour d'un groupe de plongeurs.
Sous l'eau, ils tentent de se mettre à l'abri de l'hélice du bateau. Gianna*, âgée de 24 ans et originaire de la vallée du Rhin saint-galloise, se trouve au cœur de cette scène d'horreur. Elle plonge à plusieurs reprises, essaie de rester sous l'eau, en vain. Plusieurs fois, elle est ramenée à la surface par l'aspiration du bateau et échappe de justesse à l'embarcation devenue incontrôlable.
Pour deux autres personnes, l'accident a des conséquences plus dramatiques: l'une de ses connaissances perd une jambe, tandis que le moniteur de plongée subit deux fractures ouvertes aux jambes.
«J'ai du mal à croire que je suis encore en vie, déclare aujourd'hui Gianna. J'avais perdu tout espoir.» Une expérience d'horreur dans un décor de paradis, qui avait pourtant commencé de manière idyllique.
Requin-tigre et bébé dauphins
Depuis qu'elle est en âge de voyager seule, Gianna économise chaque centime au quotidien pour découvrir de nouveaux endroits. Sa grande passion est la plongée sous-marine.
En novembre 2025, elle part pour sa nouvelle aventure: un tour du monde qui se terminera en Polynésie française. «J'adore voyager seule. Je me fais toujours de nouveaux amis lors de tels voyages», raconte-t-elle. C'est là, dans un centre de plongée, qu'elle rencontre Brian Pethke, un Allemand de 24 ans, et son compagnon de voyage.
Ils décident de plonger ensemble sur l'île de Rangiroa et réservent deux immersions le même jour. «La première plongée n'était pas spectaculaire, mais la mer était agitée et les courants forts», raconte-t-elle. Deux heures plus tard, ils sont de retour sur le bateau: «Le début était extra! Nous avons directement vu un requin-tigre. A cela se sont ajoutés des dauphins avec leur bébé – un moment inoubliable.»
Après 45 minutes, ils reviennent tous les trois à la surface, accompagnés de leur instructeur de plongée. Ils gonflent leur gilet, retirent leur appareil respiratoire et leurs lunettes.
Horreur sous-marine
C'est lorsque le bateau s'apprête à les récupérer que le drame se produit: une puissante vague secoue le navire, son capitaine passe par-dessus bord et le système d'arrêt d'urgence ne se déclenche pas. Le bateau commence à tourner frénétiquement en rond, pointant sa proue vers le groupe de plongeurs toutes les huit secondes.
«J'ai tenté de passer sous l'eau, mais l'aspiration du bateau et la flottabilité du gilet me ramenaient sans cesse à la surface», confie Gianna. Soudain, sous l'eau, tout devient rouge. «A cet instant, Brian m'a regardé, horrifié et a hurlé: 'J'ai perdu ma jambe!'»
Prise de panique, la jeune femme avale de l'eau. «A un moment donné, j'ai abandonné. Je ne sais pas comment, mais tout à coup, je flottais sous l'eau et je regardais vers le ciel». Elle n'aurait plus vu que le soleil scintiller à travers l'eau et aurait perdu toute notion du temps: «Je me suis juste dit 'ça y est, c'est fini. Je vais mourir.'»
Sauvetage in extremis
Elle ne se souvient plus des secondes qui ont suivi. Seulement d'une main qui l'a tirée sur un bateau: «J'ai eu l'impression que c'était une sorte d'ange gigantesque.»
Entre-temps, un autre bateau s'était approché des plongeurs pour les récupérer. «Ils ont mis leur vie en danger pour nous sauver. Notre bateau était encore hors de contrôle et aurait pu les percuter», explique Gianna.
Une fois à bord, on tente de venir en aide à Brian et au moniteur de plongée, lui aussi grièvement blessé. Heureusement pour eux, un couple de médecins français se trouve sur le bateau. «C'était un petit miracle». Ensemble, ils bandent la jambe de Brian Pethke et se précipitent vers le petit hôpital de l'île.
Une prothèse à 10'000 euros
Sur place, c'est le choc: «Il n'y avait pas de médecins à l'hôpital, seulement des infirmières. Peut-être parce que c'était le dimanche de Pâques», suppose Gianna. Le couple de médecins n'hésite pas une seconde et se sert dans les armoires à pharmacie et les poches de sang. Ils mettent en place une transfusion et sauve la vie de Brian.
Depuis ce week-end, Brian est de retour à Berlin, sa ville. Il a accepté que Blick lui rende visite à l'hôpital. «Je sors de quarantaine. Je dois subir une autre opération demain.»
Sur Instagram, il raconte son histoire et reçoit un soutien immense. Brian est catégorique: il veut retourner à l'eau au plus vite. Mais sa situation financière l'inquiète. «L'assurance maladie ne couvre qu'une partie des frais. Une prothèse sportive coûte à elle seule plus de 10'000 euros. Et je vais devoir déménager, car mon appartement n'est pas adapté au fauteuil roulant.»
C'est aussi pour cette raison que Gianna a décidé de rendre cette histoire publique et qu'elle a lancé une campagne de dons avec des amis. «Deux choses sont importantes pour moi: faire prendre conscience aux gens de la beauté mais aussi des dangers de la plongée et aider Brian à retrouver une vie normale.»
*Nom connu de la rédaction