Pour réaliser le clip de Je danse, son premier titre écrit et composé par la chanteuse valaisanne Sandor, Frani ELLE s’est associé à Axel Duarte, fondateur du podcast TOKTOMi. Très au clair sur ce qu’il souhaitait, le comédien n’a rien laissé au hasard. «La musique, c’est une chose, le clip en est une autre, précise-t-il. Et il a vraiment été dirigé et pensé par Axel et moi-même. Dès que j’ai entendu la chanson, j’ai eu des idées précises de qui je voulais pour le casting. Ce sont surtout des personnes que j’ai dans ma vie depuis un moment et d’autres qui y sont entrées dernièrement. Comme Gabrielle Savoy, qui est vidéaste à Blick, ou Barth Constantin.»
Le projet n’a pas manqué d’enthousiasmer le directeur sportif du FC Sion. «Je n’ai pas hésité une seconde, s’exclame-t-il. Frani m’avait expliqué le concept de son clip il y a un moment. Et comme il savait que j’étais un allié de la communauté LGBT, il s’est dit qu’on pouvait faire un mélange de tout: ma personnalité, le foot, les clichés qui y sont liés.»
Un message de tolérance
Parmi les autres personnages du clip, on compte également Bastien De Blasio, Mister Suisse francophone 2025, dans le rôle du coach, une des meilleures amies de Frani et son perruquier. «Le chauffeur est incarné par quelqu’un que j’ai rencontré aussi sur le podcast de TOKTOMi, souligne le comédien. C’est vraiment une histoire de famille et d’amitié. Quand j’ai pensé à Barth, c’est là que l’idée m’est venue de lier le scénario au foot. Il vient de Sion, moi aussi, on a tous les deux une image assez forte en Suisse romande. Je me suis dit que c’était l’occasion de faire passer un message plus profond de tolérance, avec légèreté, humour et bonne humeur. Pas uniquement contre l’homophobie, mais aussi contre le racisme, qu’on rencontre beaucoup dans le football.»
Un message qui n’a hélas pas touché le cœur de tout le monde, au regard de certains commentaires postés sur les réseaux. S’attaquer au viril bastion du foot ne se fait pas toujours sans mal. Frani ne se prive d’ailleurs pas d’en épingler certains sur sa page Facebook. «Barth et moi savions qu’en faisant le clip de cette manière-là nous risquions de réveiller des haters, reconnaît-il. Mais je pense que c’est utile. Habituellement, dans les combats LGBT, on est toujours un peu entre soi. Pareil pour les podcasts et les émissions. Pour ma part, j’aime aller où on ne m’attend pas et mélanger les genres. Le but du clip, c’était de montrer que, dans la vraie vie, on doit se mélanger. C’est la meilleure manière de mieux se connaître, de bien s’entendre et d’apaiser les craintes. Parce qu’au fond c’est surtout ça qui fait parler.»
Pas fan de foot
Même son de cloche du côté de Barth Constantin. «Le problème des réseaux sociaux, c’est qu’on a donné la parole à tout le monde et à n’importe qui, finalement. L’avantage, aujourd’hui, c’est que ces gens sont plus ridicules qu’autre chose en donnant leur avis. Il y en a bien un ou deux qui m’ont écrit en privé des choses un peu plus délicates, mais bon, ça fait partie du jeu quand on est publiquement médiatisé, on le sait. Ceux qui critiquent, qui essaient d’être méchants, ça fait bien longtemps que je n’en fais plus cas. La vérité, c’est que je n’en ai littéralement rien à cirer.»
Fait amusant, Frani n’est pas spécialement fan de foot. «Je ne le regarde pas souvent, confesse-t-il en riant. Je trouve juste les joueurs beaux, c’est tout. Je n’y connais pas grand-chose, mais pour moi, la haine n’a rien à faire dans un stade où tu vas en famille ou avec des amis. C’est censé être un moment de joie euphorique, où tu t’amuses.»
Autre surprise du clip, une scène est tournée au sein de la rédaction de L’illustré. Une évidence pour Frani. «J’ai rencontré Laurence Desbordes, la rédactrice en chef, l’an passé parce que je faisais partie du jury du Grand Prix de la cosmétique. On a bien accroché, je l’ai trouvée très drôle et je me suis dit que ça pourrait être vraiment amusant de l’intégrer aussi, comme Gabrielle Savoy tenait déjà le rôle de la paparazzi. C’était vraiment le meilleur endroit pour le faire.»
Une manière de boucler la boucle, en quelque sorte, puisque le comédien a rencontré Barth Constantin sur le stand du magazine, à la Foire du Valais. «On s’écrivait depuis un certain temps sur Instagram, mais on ne s’était jamais vus. Avec nos agendas impossibles, nous n’y sommes jamais arrivés. Et puis un jour, le journaliste Antoine Hürlimann m’a dit: 'Si tu es à la Foire, viens, on fait une petite photo avec Barth, il aimerait bien te rencontrer.' Par chance, j’étais libre, on a eu un super feeling et on s’est revus plusieurs fois. Depuis, j’ai rencontré sa maman, qui est devenue fan, donc c’est génial. On commence à construire une belle amitié.»
Des projets à foison
Quant à la suite, Frani la voit sur plusieurs fronts. «Dans les jours à venir, j’aimerais beaucoup que les radios jouent le jeu et diffusent le titre. Pour le moment, on n’a aucune réponse de la RTS. Ils se plaignent qu’ils n’ont pas d’artistes suisses, pourtant, les premiers qui m’ont diffusé, ce sont les radios privées. C’est un peu la déception.» Mais pas question de se laisser abattre pour autant.
«J’aimerais bien sortir un EP, poursuit le comédien, et interpréter Je danse au moins une fois en public. J’ai la toute dernière de Bienvenue en Suisse, bienvenue chez nous!, après trois ans de tournée, le 30 avril à Neuchâtel, au Temple du Bas. Peut-être que je la chanterai là-bas, en guise de cadeau de fin, ça pourrait être sympa. J’ai eu des super retours de professionnels qui m’ont écrit, ça m’encourage à aller plus loin. Et puis je vais passer le casting pour La revue genevoise, que je rêve d’intégrer depuis longtemps.»
Cet article a été publié initialement dans le n°10 de «L'illustré», paru en kiosque le 5 mars 2026.
Cet article a été publié initialement dans le n°10 de «L'illustré», paru en kiosque le 5 mars 2026.