Les partisans de l'initiative «Sauvons le Mormont» partent à leur tour en campagne en vue de la votation du 28 septembre. Ils militent pour une inscription dans la Constitution vaudoise de la célèbre colline surplombant le village d'Eclépens et exploitée par le cimentier Holcim.
Selon eux, la protection du Mormont dans la loi – effective depuis juin dernier – n'est pas assez solide, sachant qu'une loi peut être modifiée par «un simple vote au Grand Conseil», affirment les soutiens à l'initiative, à savoir les partis réunis sous la bannière d'Ensemble à Gauche et plusieurs associations environnementales.
Pressions d'Holcim
«Protéger un site remarquable autant d'un point de vue écologique qu'historique comme le Mormont par une loi est donc insuffisant et fragile: quand les autorisations d'exploitations actuelles prendront fin (en 2060) et que le calcaire sera épuisé, Holcim pourrait faire pression pour abroger la loi... et détruire définitivement le Mormont», écrit vendredi solidaritéS dans un communiqué.
Les initiants regrettent aussi que le contre-projet du Conseil d'Etat ne prône pas «la recherche d'alternatives au béton, mais uniquement le développement d'une économie circulaire». Ils estiment que ce principe d'économie circulaire est «vague» et «laisse la porte ouverte à des dérives d'application.»
Pour le 28 septembre, ils invitent à dire «oui» à l'initiative et au contre-projet, mais à opter pour l'initiative pour la question subsidiaire en cas de double «oui». Les partisans de l'initiative, qui a été lancée en 2022 dans la foulée de la Zone à défendre (ZAD) du Mormont, ont prévu plusieurs événements ces prochaines semaines. Cela commencera ce dimanche par une balade sur le Mormont avec un retour sur «l'histoire des luttes» autour de la colline. Une manifestation lundi à Lausanne, un piquet devant le Grand Conseil, mais aussi un débat et un «événement populaire» à Ballens sont aussi programmés.
Large soutien au contre-projet
De son côté, le Conseil d'Etat avait présenté jeudi ses arguments en faveur de son contre-projet. Selon le ministre de l'environnement Vassilis Venizelos, une protection du Mormont dans la loi est plus adaptée qu'une inscription dans la Constitution, car elle permet d'entrer davantage dans les détails.
Quant au concept d'économie circulaire, que le Conseil d'Etat souhaite inscrire dans la Constitution, il permet «une approche plus globale» que l'initiative, qui se limite au béton et au secteur de la construction, a estimé Vassilis Venizelos. Et d'ajouter que si le contre-projet partage les mêmes objectifs de l'initiative, il est «plus précis et plus ambitieux».
Hormis l'UDC, les principaux partis du canton soutiennent le contre-projet du Conseil d'Etat, lequel avait aussi été largement soutenu par le Grand Conseil en février dernier. Même les Vert-e-s, pourtant à l'origine de l'initiative, plébiscitent le contre-projet et se contentent de laisser la liberté de vote sur l'initiative.
Première visée par l'initiative, la cimenterie d'Holcim d'Eclépens a aussi pris position publiquement pour s'opposer à ce texte. Elle invite à soutenir le contre-projet qui, selon elle, donnera un cadre juridique pour renforcer ses efforts en matière d'économie circulaire.