Nestlé, Danone, Lactalis...
Voici 5 informations pour les parents sur le scandale des laits infantiles

Depuis le rappel de plusieurs laits infantiles, en raison de la possible présence d'une toxine, trois nourrissons sont décédés en France. L'OSAV se montre toutefois rassurante.
Dans un communiqué, l’OSAV indique que tous les laits infantiles potentiellement contaminés ont été retirés du marché.
Photo: Lucy Wolski/Unsplash
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Ellen De MeesterJournaliste Blick

Apprendre qu’un aliment proposé à un nourrisson est potentiellement contaminé par une toxine dangereuse peut s’avérer terrifiant. Voilà pourtant ce qu’ont enduré des milliers de parents, depuis début janvier, lorsque Nestlé a rappelé plusieurs de ses laits infantiles, dont Beba et Alfamino.

En cause: la possible présence de céréulide, une toxine sécrétée par la bactérie Bacillus cereus, et pouvant provoquer vomissements, diarrhées et nausées quelques heures après la consommation. Depuis le début de l’année, de nombreux lots produits par d’autres géants alimentaires, dont Danone, Hochdorf et Vitagermine, ont été retirés du marché, obligeant les familles à se mettre en quête d’alternatives plus sûres. La liste mise à jour des laits concernés est disponible sur le site de l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV).

Alors que le scandale prend de l’ampleur, que les analyses s’enchaînent et que les enquêtes pénales démarrent, notamment en France, il devient de plus en plus difficile d’y voir clair, afin d’évaluer le risque réel. Voici quelques informations résumant la situation, à l’heure actuelle, pour rassurer les parents inquiets.

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Tous les aliments risqués ont été rappelés

Aucun nouveau rappel n’a eu lieu depuis le 5 février 2026, si bien que l’OSAV part désormais du principe qu'«il ne devrait plus y avoir de rappels à large échelle touchant un grand nombre de produits». Cela signifie que tous les aliments problématiques ou potentiellement risqués ont été retirés du marché, bien que les organismes concernés restent très vigilants.

«Les parents doivent savoir que s’ils achètent maintenant des préparations pour les nourrissons disponibles sur le marché, il ne faut pas s’inquiéter d’acquérir des produits dangereux, indique Sarah Camenisch, porte-parole de l’OSAV, auprès de la RTS. Tous les produits dangereux ont été retirés du marché.»

Si, toutefois, vous possédez chez vous l’un des lots concernés, achetés avant leur rappel, il est fortement recommandé de ne pas les ouvrir, de cesser immédiatement l’utilisation et de les rapporter au magasin. Si votre enfant présente des symptômes digestifs ou semble malade après avoir consommé l’un de ces laits infantiles, l’OSAV conseille de contacter au plus vite un pédiatre.

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Seuls 2 échantillons contaminés en Suisse

A la suite du scandale, l’OSAV a effectivement lancé de vastes contrôles, dont les premiers résultats ont été publiés le 18 février. Parmi les 33 échantillons testés pour le moment, seuls 2 contenaient effectivement des traces de céréulide. Ceux-ci venaient tous deux de lots produits par Danone (Aptamil Pronutra 1, 1,2kg, ainsi que Aptamil Pronutra Junior 12 +), transmis par des familles suisses après les rappels issus par l’entreprise.

«Le fait que tous les produits des familles touchées par des symptômes ne contiennent pas de céréulide s’explique par le fait que certains fabricants ont rappelé une large gamme de préparations pour bébés par précaution, précise l’OSAV dans un communiqué. Tous les produits rappelés n’étaient donc pas forcément concernés par la contamination.»

Si une nouvelle campagne d’analyse préventive sera menée au printemps, l’OSAV cherche dès maintenant à vérifier si les entreprises ont veillé au respect des prescriptions légales de protection de la santé et leur demande de «remettre en question leurs processus d’assurance qualité et de contrôle, de mieux surveiller leurs fournisseurs», afin que ce type de risque soit plus rapidement identifié à l’avenir. Nesté a effectivement été fortement critiquée pour avoir attendu plusieurs semaines avant de rapporter le problème et d’agir.

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20 suspicions de maladie en Suisse

En Suisse, l’OSAV indique avoir pris connaissance de 20 signalements de symptômes possiblement liés à la céréulide depuis le début du mois de février. La RTS précise heureusement que tous les bébés concernés vont désormais beaucoup mieux.

En France, hélas, la cellule enquêtes de Radio France déplore 4 décès de nourrissons, dont trois suite à la consommation de laits infantiles rappelés, à Bordeaux et Angers. Le quatrième est toutefois survenu suite à la consommation d’un produit encore en vente, dans la région de Toulouse. Des enquêtes pénales ont été ouvertes, tandis que 24 familles françaises d’enfants tombés malades ont porté plainte contre les entreprises incriminées et les autorités. D’après Radio France, elles soulignent notamment que les contrôles nécessaires n’ont pas été directement confiés à un laboratoire public, ainsi que l’ordonne la loi.

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Le problème est lié au même fournisseur chinois

Mais comment cette toxine s’est-elle retrouvée dans des produits aussi essentiels, à une si large échelle? Ainsi que l’admettait Nestlé, en janvier, la céréulide a été détectée dans une huile riche en acide arachidonique ARA, utilisée par de nombreux fabricants et livrée par le même fournisseur basé à Whuan, en Chine, et baptisé Cabio Biotech. Celui-ci aurait vendu l’huile concernée à de nombreuses entreprises différentes, dans toute l’Europe.

En effet, les rappels concernent désormais plus de 60 pays. La liste officielle est tenue à jour sur le site de la Commission européenne de la sécurité alimentaire. Ainsi que le précisent l’AFP et «24 Heures», Pékin insiste sur une plus grande sévérité face aux matières premières utilisées et a exigé de tous les fabricants de réaliser des tests, afin de débusquer la moindre trace de céréulide.

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Les standards de sécurité sont désormais plus stricts

Davantage de contrôles et des procédures plus exigeantes sont donc attendus, à l’avenir, en ce qui concerne les laits infantiles. L’OSAV assure en effet que l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a désormais fixé une dose de référence aiguë (ARfD) à 0,014 migrogrammes par kilogramme de poids corporel, spécifiquement pour la toxine céréulide: «Une consommation de céréulide inférieure à cette valeur ne devrait pas avoir d’effets aigus sur la santé des nourrissons», peut-on lire sur le site officiel.

À titre comparatif, le seuil maximal s’élevait auparavant à 0,03 microgramme par kilogramme de masse corporelle, précise le Ministère français de l’agriculture, de l’agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire. Mais une véritable référence ARfD n’avait pas encore été fixée, avant le scandale. L’OSAV note que de telles précautions existaient déjà en Suisse, où la moindre suspicion de risque justifiait déjà le rappel immédiat des produits touchés. «Cette procédure restera inchangée même s’il existe maintenant une valeur indicative de l’EFSA», précise-t-il.

Nesté, de son côté, va encore plus loin. Dans une communication partagée le 19 février, le géant veveysan affirme avoir retiré tous les lots pouvant potentiellement contenir un taux de céréulide supérieur ou égal à 0,2 nanogramme par gramme. «Le rappel est désormais complet et nous nous concentrons sur le restockage, confirme l’entreprise. La production a repris dans toutes les usines de lait infantile, avec des fournisseurs alternatifs et des tests extensifs avant, pendant et après la production.»

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