Plan social exigé
Les employés de TeleBielingue réclament un «vrai dialogue avec la direction»

Les employés de TeleBielingue, licenciés en avril après la perte de leur concession, ont protesté mercredi à Bienne pour exiger transparence et négociations. La direction a refusé de recevoir leur pétition.
Les employés se sont réunis, sous la pluie, ce mercredi à Bienne.
Photo: keystone-sda.ch
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ATS Agence télégraphique suisse

Après l'annonce de leur licenciement collectif, les employés de TeleBielingue demandent à la direction de faire preuve de transparence et exigent des négociations pour l'élaboration d'un plan social. La direction réfute les reproches formulés par le personnel et entend se concentrer sur son projet de TeleBielingue 2.0 après la perte de la concession.

Les employés de TeleBielingue ont mené mercredi une action publique devant leur lieu de travail, le Communicaton Center à Bienne. Ils ont voulu remettre une pétition signée par la quasi-totalité du personnel à leur direction, mais celle-ci a décliné l'invitation. La pétition a donc été déposée dans son bureau.

Davantage de transparence demandée

«Nous voulons donner une visibilité à notre inquiétude et demandons un vrai dialogue avec la direction et davantage de transparence dans le procédé», a déclaré devant les médias Claudia Nuara, porte-parole des collaborateurs de la chaîne régionale biennoise.

«On manque de transparence de la part de la direction dans tout ce processus», a expliqué à Keystone-ATS Claudia Nuara, porte-parole des collaborateurs de TeleBielingue. «On aimerait être traité avec plus de respect et bénéficier de plus de temps pour la réorientation professionnelle». Pour la journaliste, la gestion humaine de cette crise n'est pas tolérable.

Claudia Nuara tient à souligner la solidarité qui prévaut au sein du personnel. «On dépend les uns des autres, on s'appuie les uns sur les autres pour avancer». Elle relève que les gens continuent à travailler dans cette situation d'incertitude. Le personnel attend une réponse à ses demandes d'ici au 10 mai.

Les quelque 40 collaborateurs de TeleBielingue apprenaient début avril leur licenciement après que la chaîne régionale, propriété du groupe Gassmann Media, a perdu sa concession. Aujourd'hui, ils déplorent n'avoir toujours pas de plan social alors que la chaîne cessera sa diffusion sous sa forme actuelle en juillet.

TeleBielingue 2.0

Parallèlement, la direction a annoncé la semaine dernière qu'elle lance un projet intitulé TeleBielingue 2.0. Cette chaîne, dont les contours n'ont pas été dévoilés, fonctionnerait avec moins de personnel, soit 17 emplois au maximum, et sans l'argent de la concession, soit 3,7 millions par année, qui va à Canal B.

«Cette démarche se fait dans une opacité quasi totale, créant un profond sentiment de malaise et d'injustice au sein des employés de TeleBielingue», déplore dans un communiqué la délégation du personnel, appuyée dans ses démarches par syndicom.

Position du groupe Gassmann

Dans une prise de position publiée mercredi, le groupe Gassmann rejette le reproche d'un manque d'information, le jugeant infondé. Il souligne que la commission du personnel a été associée aux discussions pour dessiner l'avenir de la chaîne.

«Au cours de la procédure de consultation, nous avons décidé de nous appuyer sur les contributions et les propositions du personnel pour élaborer les nouveaux formats de TeleBielingue 2.0», relève dans un communiqué la direction.

Cette décision de poursuivre l'activité de TeleBielingue sous une autre forme a été exposée lors des entretiens individuels avec les collaborateurs. Elle figure également dans le rapport final relatif à la procédure de consultation du 27 avril 2026, a poursuivi la direction.

S'agissant de TeleBielingue 2.0, la direction par la voie du CEO Christian Bärenfaller souligne que le fait que ces processus de sélection de l'équipe soient menés en toute confidentialité n’est pas une marque de secret, mais répond à la discrétion professionnelle et à la protection de la sphère privée.

Pas de plan social

Un plan social n’est pas prévu par la loi, souligne la direction qui ajoute qu'il n'est d'ailleurs pas réalisable sur le plan économique si l'entreprise veut offrir des perspectives aux 17 collaborateurs qui doivent rejoindre TeleBielingue 2.0.

Au total, 41 licenciements ont été prononcés le 1er mai, a affirmé Claudia Nuara. Le licenciement de la directrice des programmes Chrystel Breuer a en particulier suscité l'indignation au sein du personnel de TeleBielingue, selon la porte-parole des employés, ajoutant que des gens ont aussi quitté l'entreprise.

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