Impossible de lâcher son smartphone?
Sans réseau, les Romands sont deux fois plus anxieux que les Alémaniques

Plus de deux millions de personnes en Suisse montrent des signes nets de dépendance au smartphone, selon Comparis. Les 16-35 ans et les Romands sont les plus touchés, ces derniers étant deux fois plus anxieux que les Alémaniques sans réseau.
En Suisse, deux millions de personnes sont touchées par la nomophobie, soit la peur d'être séparé de son téléphone portable.
Photo: Getty Images
sda-logo.jpeg
ATS Agence télégraphique suisse

Plus de deux millions de personnes en Suisse présentent des signes évidents de dépendance au smartphone, selon une nouvelle étude. Les Romands sont particulièrement touchés, affichant deux fois plus d'anxiété que les Suisses alémaniques en cas d'absence de réseau.

La troisième enquête du comparateur en ligne Comparis révèle même que 7% supplémentaires d'adolescents et d'adultes présentent des signes prononcés de nomophobie, ou dépendance au téléphone portable. Les 16-35 ans sont particulièrement touchés. Près de la moitié d'entre eux présentent des signes évidents de nomophobie, ou dépendance au téléphone portable.

Jean-Claude Frick, expert du numérique chez Comparis, souligne que «le smartphone est devenu le cordon ombilical numérique avec le monde extérieur. Si une batterie déchargée ou l'absence de réseau suffit à provoquer de l'anxiété, cela montre à quel point notre sentiment de sécurité est lié à cet appareil. Les résultats sont une occasion de remettre en question de manière critique notre propre utilisation du téléphone portable», ajoute M. Frick.

«Le smartphone est l'épicentre de la vie sociale» des personnes de moins de 35 ans, poursuit l'expert. «Amitiés, information, divertissement et participation sociale y sont entièrement concentrés. Celui ou celle qui perd son téléphone portable ou qui est hors ligne a l'impression de perdre le contact avec son cercle d'amis.»

Un Röstigraben numérique

Selon Comparis, 40% des Romands s'inquiètent en l'absence de réseau mobile ou de connexion Internet, soit deux fois plus qu'en Suisse alémanique (20%). Par ailleurs, 37% des Romands présentent des signes évidents de nomophobie, contre 28% outre-Sarine.

«Qu'une barrière de rösti aussi marquée se manifeste lors du sevrage du smartphone est remarquable, mais reflète globalement des habitudes d'utilisation numérique différentes», commente M. Frick. «Les Romandes et les Romands utilisent les réseaux sociaux et les offres numériques de manière nettement plus intensive pour s'informer et se divertir que les Suisses alémaniques.»

La dépendance au téléphone portable se manifeste le plus souvent par la consultation permanente du smartphone pour ne manquer aucun message ou appel. La moitié des personnes interrogées sont d'accord avec cet énoncé. Elles citent ensuite le stress ressenti lorsque le smartphone n'est pas avec soi (35%) et la nervosité lorsque le niveau de batterie est faible (34%).

L'enquête a été réalisée par l'institut Innofact pour le compte de Comparis, auprès d'un échantillon de 1027 personnes âgées de 16 à 74 ans et issues de toutes les régions de Suisse.

Articles les plus lus