Chaleur persistante
Assoiffé par la sécheresse, le lac de Joux atteint un niveau critique

Le lac de Joux, situé à plus de 1000 mètres d'altitude dans le Jura, atteint un niveau alarmant de 1002,67 m. Les autorités s'inquiètent des impacts sur la nature et les activités locales après trois mois de sécheresse.
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Le plus grand plan d'eau du massif jurassien s'assèche sous l'effet de la sécheresse.
Photo: JEAN-CHRISTOPHE BOTT
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ATS Agence télégraphique suisse

Le lac de Joux fait actuellement face à un niveau extrêmement bas. Le plus grand plan d'eau du massif jurassien, également plus grand lac suisse à plus de 1000 mètres d'altitude (1004 m), a été mesuré vendredi matin à 1002,67 mètres, inquiétant les autorités.

«Ce n'est pas un record, mais ce n'est pas joli à voir. Je n'ai pas vu souvent le lac aussi bas que ça», résume auprès de Keystone-ATS le syndic de L'Abbaye Christophe Bifrare. «Notre meilleure jauge, c'est la statue de Pégase au Pont. Si elle a les pieds au sec, c'est que la situation commence à être inquiétante», dit-il.

Les données hydrologiques de l'Office fédéral de l'environnement (OFEV) indiquent une valeur mesurée de 1002,67 mètres au-dessus du niveau de la mer vendredi à 08h00. Selon ces mêmes statistiques, le lac de Joux a atteint son niveau minimal enregistré, depuis le début des mesures systématiques en 1982, en 2011, avec une cote moyenne sur une année de 1002,91 mètres. A l'inverse, la cote moyenne maximale sur une année a été atteinte en 2012, avec 1004,37 mètres.

Le «Caprice II» ne circule plus

Le niveau le plus bas sur une journée a été mesuré le 27 février 1987 avec 1001,78 mètres et le plus haut le 24 janvier 1990 avec 1005,28 mètres. Toujours selon les chiffres de l'OFEV, le niveau habituel se situe autour de 1004 mètres en moyenne.

«Il ne faudrait pas que le niveau baisse encore plus, cela serait catastrophique pour la nature, la faune, les rivières alentour et la nappe phréatique», s'inquiète Christophe Bifrare. Il souligne que le lac s'évapore de 1,5 centimètre par jour en moyenne s'il ne pleut plus. Or il y a eu trois mois de sécheresse hormis une séquence de pluie en août. «C'est plutôt rare à la Vallée de Joux», relève-t-il. Selon lui, il faut 140 litres d'eau de pluie par m2 en moyenne par mois pour garder un niveau stable.

Christophe Bifrare indique par ailleurs que vu le niveau actuel du lac, le bateau historique «Caprice II» (40 places) a cessé de faire ses réguliers tours du lac touristiques depuis une semaine. Il ajoute par ailleurs que la société Romande Energie a, elle, cessé d'utiliser son eau depuis «quelques semaines déjà».

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