«Ce mec est dangereux»
Le boucher lausannois attaqué trois fois en 48 heures déplore les actes du «fou végane»

Un homme suivi psychologiquement a fait des dégâts dans tout le quartier de Pierrefleur ces derniers jours. La boucherie a été particulièrement touchée, le boucher témoigne.
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Zen Bajrami peine à trouver le sommeil. Sa boucherie de Pierrefleur, à Lausanne a été victime d'attaques à répétition.
Photo: Léo Michoud / Blick
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Léo MichoudJournaliste Blick

Solide gaillard d'une cinquantaine d'années, Zen Bajrami est complètement dépité dans sa boucherie assombrie et vidée de ses produits frais. Ce mercredi 2 septembre, chacune des fenêtres qui composent la vitrine est brisée ou a des marques d'impact. Des bris de verre gisent au sol. A l'extérieur, des planches en bois cachent les dégâts.

En 48 heures, entre samedi et mardi, son commerce a été pris pour cible à trois reprises par l'homme qui a semé le trouble au quartier de Pierrefleur, dans les hauts de Lausanne. Décrit par un voisin comme un «fou végane» qui terrorise le quartier, il a aussi cassé de la vaisselle dans le restaurant voisin et a arraché un bout d'un bus des TL, juste devant les deux commerces. Il avait déjà fait la Une des journaux en fin d'année dernière, avait été arrêté puis relâché au bénéfice d'un suivi psychologique.

Plusieurs tours de casse

«Je suis rentré de vacances vendredi, pour rouvrir la boucherie. Le samedi, il est passé vers midi pour casser une vitre», détaille le boucher. Appelée par un voisin, la police se rend une première fois sur place sans pouvoir arrêter le vandale. «Il est repassé à 15h pour casser toutes les vitres, alors j'ai de nouveau appelé la police dimanche. Et lundi matin, il m'a amené des fleurs», décrit le commerçant.

Pour le boucher, c'est du jamais vu: «C'est la première fois que je vois ça. Je peux comprendre qu'il n'aime pas la viande, mais ça c'est du vandalisme. J'ai déjà eu des gens qui m'ont sprayé les photos de vitrine. Mais lui prétend qu'il protège les animaux, alors qu'il fait du mal à tout le monde, ça n'a pas de sens». Sur les réseaux sociaux, l'homme visiblement instable a pour habitude de justifier ses actes par la cause animale.

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Il ne faut pas que des personnes âgés et les enfants vivent avec la peur d'un faux pas, on ne sait jamais comment et quand il va agir
Zen Bajrami, boucher de Pierrefleur
»

Son prédécesseur à la boucherie de quartier avait eu fort à faire avec cette personne, avant de mettre la clef sous la porte. «Maintenant, je comprends pourquoi il a mis son commerce à vendre. Ce mec est dangereux, ça fait peur», confie Zen Bajrami, qui n'avait pas eu de problème pendant sa première année d'exploitation. Il raconte notamment, comme d'autres voisins, que le fauteur de troubles aurait un jour lâché un pot de fleur depuis le huitième étage, heureusement sans blesser personne.

Plusieurs milliers de francs de dégâts

Dans sa fureur, ces derniers jours, l'homme a arraché l'alimentation d'un congélateur, poussant le boucher à jeter «pour environ 2800 francs de marchandises». Quant à la vitrine, il estime le préjudice à 25 à 40'000 francs. «Aujourd'hui, je ne sais pas comment je vais faire. Peut-être que mon assurance ne paiera rien, si ça se répète.»

Le boucher d'origine kosovare, spécialisé dans les cevapcici faits maison, assure que «les habitants du coin n'en peuvent plus», citant les pétitions lancées dans le quartier. Il demande aux autorités et aux services sociaux d'enfermer ou d'interner cet homme, qu'il juge potentiellement dangereux. «Il ne faut pas que des personnes âgées et les enfants vivent avec la peur d'un faux pas, on ne sait jamais comment et quand il va agir».

La situation selon la justice

Contacté, le Ministère public vaudois (MP) indique que l'homme est actuellement détenu. «Arrêté après les évènements de samedi, il a été relâché à la suite d'une discussion avec son avocate», détaille Vincent Derouand, porte-parole de l'organe judiciaire. Mais l'homme a récidivé, notamment à la Boucherie de Pierrefleur. «La procureure a estimé qu'une demande de mise en détention provisoire s'imposait», continue le MP.

Après son audition ce mercredi, la procureure a demandé trois mois de détention provisoire, le maximum pour cette mesure en attente de jugement. «Nous sommes donc en attente de la décision du Tribunal des mesures de contrainte, qui devrait tomber dans les jours à venir», informe le Ministère public.

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