Une vitrine de boucherie brisée, un bus des Transports publics lausannois décortiqué et une entrée remarquée dans un restaurant afghan qui se termine par de la vaisselle cassée. Tout cela en quelques jours à peine, dans le même quartier des hauts de Lausanne et par le même homme: un trentenaire tristement connu de ses voisins comme des autorités.
Depuis ce samedi 29 août, cette personne suivie psychologiquement multiplie les délits, s’en prenant aux commerces et effrayant les habitants. «Notre paisible quartier de Boisy-Pierrefleur est terrorisé par un fou végane», s'exaspère, dans un langage fleuri, le propriétaire d’un immeuble, se disant «très engagé dans la vie de quartier». Attablée au restaurant vandalisé, une cliente senior nuance: «Il est parfois très gentil, mais il peut faire des crises.»
Dégâts, injures et menaces
Contactée par Blick, la Police municipale de Lausanne (PML) confirme avoir dû intervenir trois fois entre le samedi 29 août et le mardi 1er septembre «pour des dommages à la propriété (vaisselle cassée dans un restaurant et vitrine brisée d’une boucherie), ainsi que pour un panneau en tôle d’un bus TL arraché». Des plaintes ont été déposées «à chaque reprise», assurent les forces de l’ordre.
Le Ministère public vaudois (MP) précise qu’un même «individu s’est rendu coupable […] de faits potentiellement constitutifs de dommage à la propriété, injure et menaces à l’encontre d’une boucherie, d’un restaurant et d’un bus des TL». Le suspect, un ressortissant suisse né en 1988, a été interpellé et auditionné par la police. Une instruction pénale est menée par la police judiciaire de Lausanne, sous la conduite du MP.
Vendetta contre les boucheries
Le prévenu «fait déjà l’objet d’une procédure pénale auprès du Ministère public d’arrondissement de Lausanne pour des actes de vandalisme contre plusieurs boucheries, entre novembre 2024 et octobre 2025», détaille le porte-parole du MP, Vincent Derouand. Plusieurs articles de presse avaient relaté ses dégradations et des voisins à bout avaient même adressé des pétitions aux autorités, leur demandant d’agir.
En octobre 2025, selon 20 minutes, il était question d’un habitant du quartier agressif, imprévisible et «visiblement atteint de troubles psychiatriques», qui a mis le feu à son appartement, s’est rendu coupable d’actes de vandalisme, et qui «se baladerait nu dans la rue, montrant ses parties génitales aux enfants».
En novembre, «24 heures» relatait que le même homme avait vandalisé cinq boucheries lausannoises en un seul jour, dont la célèbre «Bouche-rit» à la rue Madeleine. Plusieurs commerçants touchés avaient déposé plainte, mais l’homme avait été auditionné, puis «laissé aller au bénéfice d’un suivi», indique le Ministère public.
Quelle responsabilité?
Au vu de la récidive récente, on peut dire que la mesure thérapeutique n’a pas totalement porté ses fruits. «La police ne peut rien faire, vu l’irresponsabilité de l’individu», déplore notre témoin, voyant les actes de vandalisme se répéter.
Mais cela pourrait bientôt changer. «Le prévenu sera auditionné demain (ndlr, mercredi) par la procureure chargée de ce dossier, avance Vincent Derouand. Au vu de l’ensemble des faits qui sont reprochés au prévenu, dont les récidives de ce week-end, la procureure entend demander qu’il soit placé en détention provisoire.»