En même temps qu'ils élisent dimanche leurs représentants au Grand Conseil bernois et les membres du Conseil-exécutif, les citoyens du Jura bernois désignent les 24 membres du Conseil du Jura bernois (CJB), sorte de parlement régional qui fête cette année ses 20 ans. Cette élection sera la première sans les candidats prévôtois.
Au total, 125 candidats sont en lice pour cette élection marquée par une nouvelle configuration territoriale avec le départ de Moutier pour le canton du Jura. L'opposition durant des années entre représentants autonomistes et antiséparatistes devrait céder la place au clivage traditionnel gauche-droite.
Le Conseil du Jura bernois compte 8 élus UDC, 7 socialistes, 3 élus des Vert-e-s et autant du PLR. Le PEV, l'UDF et le Centre comptent un représentant. Jusque-là divisées sur la Question jurassienne, aujourd'hui résolue, les forces socialistes présentent un front uni.
Acteur de la vie politique régionale
Organe politique régional, le CJB dispose de compétences qui lui sont conférées par le statut particulier instauré par le canton pour la défense des intérêts de la minorité francophone. Il dispose de compétences décisionnelles qui lui permettent de statuer sur l'octroi de subventions culturelles et dans le domaine du sport.
Le CJB bénéficie également de compétences décisionnelles en matière de nominations de représentants du Jura bernois dans différentes instances. A cela s'ajoutent des compétences de négociation qui lui permettent de collaborer régulièrement avec les autorités cantonales ou régionales dans les affaires relevant de la langue, de la culture ou de l’administration d’institutions communes.
Election à l'exécutif cantonal
Pour occuper le siège au gouvernement bernois que lui réserve la Constitution, le représentant du Jura bernois doit obtenir non seulement la majorité absolue mais aussi la meilleure moyenne géométrique. Ce système de calcul accorde plus de poids à une voix obtenue dans la partie francophone que dans le reste du canton.
Avec la moyenne géométrique, les électeurs du Jura bernois peuvent donc peser de tout leur poids dans le choix de leur représentant. Ce chiffre est obtenu en multipliant les suffrages recueillis dans tout le canton avec ceux qui sont obtenus dans le cercle électoral du Jura bernois puis en calculant la racine carrée de ce produit.
Un candidat doit donc être populaire dans sa région et soutenu dans l'ensemble du canton. Si le candidat au fauteuil réservé au Jura bernois obtient au 1er tour la majorité absolue et la meilleure moyenne géométrique, mais qu'il termine à la 8e place, il éjecte alors le candidat classé devant lui.
Une prodécure particulière
En 2014, l'UDC Manfred Bühler avait terminé à la 7e place avec 94'957 voix devançant d'un rang le socialiste Phillipe Perrenoud qui en avait obtenu que 86'469. Mais il n'avait pas été élu en raison de sa plus mauvaise moyenne géométrique, accusant un retard de près de 1000 voix dans le Jura bernois.
Cette procédure introduite en 1995 empêche qu'un ministre ne soit désigné par les électeurs alémaniques au mépris du Jura bernois. Ce fut le cas en 1986. La PLR Geneviève Aubry avait alors été battue par un inconnu de la Liste Libre, Benjamin Hofstetter, alors qu'elle avait obtenu plus du double de voix dans le Jura bernois.