«Je ne peux pas rester sans aider»
Psychologues, guérisseurs et médecins s'annoncent pour soutenir les victimes de Crans-Montana

Les hôpitaux suisses sont saturés suite à l'effroyable incendie survenu dans un bar de Crans-Montana, le 1er janvier. Plusieurs thérapeutes ou médecins ont proposé leur aide pour apporter du soutien aux victimes.
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Médecins, psychologues ou guérisseurs se sont annoncés pour soutenir les victimes, leurs familles, et décharger les urgences.
Photo: Keystone
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Ellen De MeesterJournaliste Blick

On dit que plus l'obscurité est profonde, plus les pointes de lumière, aussi minuscules soient-elles, deviennent visibles. Alors que les hôpitaux suisses sont saturés, que les héros de l'ombre livrent leurs récits déchirants et que les familles des personnes présentes à Crans-Montana vivent une angoisse incommensurable, un immense mouvement de solidarité se construit autour du drame. 

Selon Joakim Faiss, responsable de la communication pour l'Hôpital du Valais, plusieurs collaboratrices et collaborateurs en vacances se sont annoncés spontanément pour apporter leur soutien, après l'incendie dévastateur ayant frappé Le Constellation, dans la nuit du 1ᵉʳ janvier. Tous les hôpitaux du pays sont mobilisés pour accueillir et soigner les 115 blessés, tandis que les cas les plus graves sont partagés entre le CHUV et l'hôpital universitaire de Zurich, les deux seuls centres spécialisés pouvant traiter les grands brûlés en Suisse. Les photos des personnes portées disparues sont relayées massivement sur les réseaux sociaux, tandis que des dizaines de personnes ont proposé un toit ou du soutien moral aux familles dont les enfants sont soignés loin de leur domicile.

Pour rappel, le canton du Valais a ouvert une helpline (0848 112 117) destinée aux proches des victimes et aux personnes en attente de nouvelles. Un compte Instagram entièrement dédié aux avis de recherche a également été ouvert, afin de rassembler et partager toute information concernant les personnes disparues. 

«Il m'est difficile de rester sans aider»

Sur les réseaux sociaux, on découvre des appels à «ne pas surcharger les urgences», à l'instar du post d'Elodie Lopez, députée au Grand Conseil vaudois (voir ci-dessous). Tout le personnel est effectivement débordé, luttant jour et nuit pour soigner et sauver les dizaines de blessés graves arrivés dans les hôpitaux après le drame. Les citoyens sont alors priés d'éviter les comportements dangereux, d'appeler en priorité leur médecin traitant ou de contacter la centrale des médecins de garde par téléphone, qui pourra les orienter (il faut toutefois impérativement appeler le 144 pour les urgences vitales!). 

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Afin de soulager les hôpitaux, certains médecins ou thérapeutes ont renoncé à leurs jours de congé pour accueillir des urgences non vitales. Par exemple, la Dre Carine Beaud Zufferey, médecin généraliste et pédiatre à Sierre, a rouvert son cabinet le 2 janvier, déclarant sur Facebook qu'il lui est «difficile de rester sans aider.» 

De son côté, Adèle Zufferey, psychothérapeute FSP basée à Lausanne, a ouvert des places de consultation en psychothérapie EDMR pour les personnes touchées. «En tant que Valaisanne, la douleur n'en est que plus vive, écrit-elle sur LinkedIn. Toutes mes pensées vont aux victimes, familles, proches et entourages affectés par ces événements.» Kim Tagini, psychothérapeute FSP, prend exactement la même initiative, annonçant l'ouverture de quelques disponibilités dans son cabinet «dès la semaine prochaine».

En plus de la cellule psychologique ouverte à l'Hôpital du Valais, des séances de soutien ont été mises en place par le CHUV à l'intention des familles et des proches, les 2, 3 et 4 janvier, de 9h à 16h, dans la zone des auditoires du bâtiment principal hospitalier. La Centrale Santé Genève (CeSaGe) est aussi atteignable au 0800 116 117. De l'aide est toujours disponible via la plateforme ciao.ch ou encore la Main Tendue (143). 

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Les faiseurs de secret se dévouent

Mettant leurs dons à disposition des personnes concernées, plusieurs guérisseuses ou faiseurs de secret se sont également manifestés sur les réseaux sociaux. C'est notamment le cas de La Consulta, basée à Grange-Paccots (FR), atteignable 24h sur 24, qui met ses consultations habituelles de côté pour se consacrer aux victimes de l'incendie. Elle demande seulement le nom complet (incluant donc les éventuels 2e ou 3e prénoms) et la date de naissance de la personne brûlée. 

Aurélie Villard, ancienne infirmière devenue magnétiseuse et coupeuse de feu propose, pour les personnes intéressées et se reconnaissant dans ce type d'initiative, une prière collective à 21h, le 2 janvier, afin de créer une «chaîne invisible de solidarité». Ainsi que l'écrit la Française sur Instagram, «chacun est capable de couper le feu, avec plus ou moins de puissance. Mais l’intention du cœur est déjà une force immense.»

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Sans oublier que l'Association de Suisse romande pour les victimes de brûlures (Flavie), basée à Epalinges (VD) se met à disposition des personnes directement concernées et de leurs familles pour un accompagnement et une écoute. Car le plus important, que vous ayez été confronté de près ou de loin aux tragiques événements du 1er janvier, est de ne surtout pas rester seul. 

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