Ce samedi 11 avril, Donald Trump a passé une soirée conviviale à Miami, en compagnie de ses enfants et d'une partie de son équipe, à regarder un combat de l'UFC (Ultimate fighting championship). Ainsi que le rapporte «The New York Times», le visage du président est resté totalement impassible, tout au long du match: pas le moindre sourire, ni même un tressaillement de sourcils.
Voilà qui semble bien étonnant, puisqu'au même moment, JD Vance se trouvait à Islamabad, au Pakistan, où se sont déroulées les négociations entre l'Iran et les Etats-Unis. On ignore si le président avait déjà été prévenu de l'échec des discussions, au moment de pénétrer dans l'arène.
Quoi qu'il en soit, il est resté complètement de marbre, ne trahissant pas la moindre émotion, même lorsque Marco Rubio, secrétaire d'Etat, lui a tendu l'écran de son smartphone d'un geste insistant. Lui-même n'a pas touché son téléphone, pas même pour regarder son vice-président, en direct sur toutes les chaînes du monde, annoncer qu'aucun accord n'avait été trouvé.
«On va gagner quoi qu'il arrive»
Pourquoi tant d'indifférence? Ainsi que le suggère le média américain, ces traits figés constituaient une simple manière de montrer que l'obtention d'un accord avec l'Iran ne le passionnait pas plus que cela. Au contraire.
En effet, avant le début des négotiations, Donald Trump avait décrété que le résultat lui importait peu: «Nous gagnerons quoi qu'il arrive, déclarait-il auprès de la presse, au moment de s'envoler vers la Floride. Nous les avons déjà vaincus sur le plan militaire.» A noter que l'Iran revendique également une «grande victoire», depuis le cessez-le-feu annoncé le 8 avril, note l'AFP.
Pour Katie Rogers, correspondante à Washington pour le «New York Times», il se peut également que cette soirée, menée dans la zone de confort du président, était censée faire l'effet d'un antidote face à la difficulté de sa situation politique actuelle. En d'autres termes, Donald Trump aurait eu besoin de se remonter le moral en regardant des professionnels des arts martiaux se livrer à la frénésie du combat.
«C'est le comportement d'un amateur!»
Quoi qu'il en soit, cette activité inopinée a suscité de vives critiques, notamment du côté des élus démocrates de la commission des affaires étrangères, à la Chambre des représentants: «Le secrétaire d'Etat a manqué les négociations au Pakistan pour se rendre à un combat UFC, ont-ils martelé sur X. Des dizaines de milliers d'Américains sont en danger. Les prix du pétrole explosent. Ce n'est pas un leadership sérieux, mais le comportement d'un amateur.»
Le contraste frappant entre la mission cruciale confiée au vice-président et le programme de Donald Trump lui-même n'a donc pas manqué d'attirer l'attention. Ainsi que le souligne «The Guardian», JD Vance a pourtant assuré s'être entretenu «une demi douzaine de fois» avec le président Trump durant les négociations.