A l’invitation du canton du Valais, plus d’une centaine de victimes de l’incendie du 1er janvier à Crans-Montana et de proches ont participé à une soirée d’échanges, mercredi à Sion. Ils ont pu s'entretenir avec le président de la Confédération, Guy Parmelin.
Cette rencontre, loin des projecteurs médiatiques, visait «à témoigner de la profonde solidarité des autorités cantonales et fédérales et à rappeler leur volonté de tout mettre en œuvre pour leur offrir le soutien nécessaire sur le court, moyen et long terme», précise un communiqué de l'Etat du Valais diffusé mercredi soir. «Ce moment a également permis aux victimes et à leurs proches de poser leurs questions et de faire part de leurs inquiétudes.»
Président de la Confédération, Guy Parmelin s'est adressé aux personnes présentes: «depuis la nuit du 1er janvier, les heures – pour vous – ne s’égrènent plus tout à fait de la même manière. Plus de deux mois se sont écoulés depuis cette nuit tragique. Deux mois durant lesquels vous avez dû apprendre à vivre avec l’absence et composer avec la douleur tout en étant plongés dans une confusion de sentiments.»
L'émotion du Président
«Ces dernières semaines, j’ai eu l’occasion de rencontrer plusieurs blessés dans des hôpitaux en Suisse et à l’étranger», a raconté l'homme politique. «J’ai vu des visages marqués par l’épreuve. J’ai entendu des récits bouleversants. J’ai mesuré comme jamais la fragilité de la vie et la cruauté du destin.»
Le président de la Confédération est revenu, dans le détail, sur la loi fédérale urgente validée par les deux Chambres. «Ce versement unique de 50'000 francs pour les proches de chaque personne décédée et pour chaque personne gravement blessée à la suite ce drame ne prétend pas réparer l’irréparable», a-t-il rappelé.
«Aucune somme d’argent ne saurait compenser la perte d’une vie ou les souffrances endurées. Il s’agit simplement d’un geste de soutien, l’expression concrète de la solidarité du pays, afin de soulager, au moins en partie, les victimes et leurs familles de certaines charges immédiates auxquelles elles ont à faire face.»
«Nous serons à la hauteur de leur mémoire»
Au niveau judiciaire, les premières étapes de l’enquête ont suscité des sentiments contrastés auprès des personnes touchées par le drame. «Il ne m’appartient pas de peser sur la procédure en cours», a souligné Guy Parmelin. «Notre pays s’interdit ce genre d’ingérence, respectueux qu’il est de la séparation des pouvoirs et, plus largement, de l’Etat de droit. Je souhaite néanmoins redire devant vous la confiance que je place dans le travail de la justice.»
«Vos filles, vos fils, vos soeurs, vos frères sont les visages de ce drame. Leur voix résonne dans nos consciences. Nous serons à la hauteur de leur mémoire et de leurs épreuves», a conclu Guy Parmelin.
Remerciements aux professionnels
L'élu UDC a profité de sa présence au sein de la Clinique romande de réadaptation pour exprimer une nouvelle fois la reconnaissance du pays aux professionnels de secours et de santé qui ont été et qui sont toujours mobilisés.
Trois membres du Conseil d'Etat valaisan (Christophe Darbellay, Stéphane Ganzer et Mathias Reynard) étaient également présents à cette rencontre. Des spécialistes de l’Office fédéral de la justice et du Centre de consultations LAVI valaisan, l’organe cantonal chargé d’accompagner les victimes d’infractions, étaient également de la partie.
Respect, écoute et soutien
«Je sais combien venir ici demande du courage. J’imagine combien cela peut être difficile», a estimé Mathias Reynard lors de son discours. «Vous avez tous en commun d’avoir été touchés de plein fouet par ce drame. Mais vous avez aussi en commun le droit d’avoir notre respect, notre écoute et notre soutien total.»
Et l'élu socialiste de laisser parler ses émotions: «vous ne le savez peut-être pas, mais avant d’exercer des responsabilités politiques, j’étais enseignant au cycle d’orientation de Savièse. La jeunesse a toujours été au cœur de mon engagement. Et la voir frappée en plein cœur, de manière aussi brutale, est une idée qui m’est absolument insupportable.»
«Nous vous devons la vérité, la constance et la fidélité à la mémoire de celles et ceux que nous avons perdus, comme à l’accompagnement de celles et ceux qui se battent encore. Nous resterons toujours fidèles à cet engagement, soyez-en certains», a conclu le président du Conseil d’Etat.