En février 2026, l'application de paiement suisse a dépassé les 6 millions d'utilisateurs et les 901 millions de transactions, en seulement neuf ans d'existence. Ainsi que le souligne fièrement un communiqué, l'outil est désormais «ancré dans le quotidien» de deux tiers de la population. Tellement ancré, d'ailleurs, que le conseiller aux Etats Carlo Sommaruga (PS/GE) veut en faire un service public.
C'est ce qu'il demande dans une motion déposée au Parlement fin mars: le socialiste souhaite effectivement nationaliser Twint, afin de rendre l'application gratuite pour les commerçants, qui paient actuellement des frais de transaction jugés trop importants. Ainsi que le pointe la RTS, la fédération Swissretail est allée jusqu'à déposer plainte auprès de la Commission de la concurrence, en juin 2025, pour dénoncer les coûts excessifs qu'engendre l'utilisation massive de Twint.
L'association déplore en effet des «frais abusifs» dans un communiqué: «Pour les détaillants, les frais de Twint acquittés par les commerçants sont devenus une charge inacceptable. En 2025, ces prélèvements sont régulièrement égaux, voire supérieurs à ceux des cartes de crédit.»
Ce serait à la BNS de gérer Twint
L'idée est donc que Twint devienne un service public gratuit, à l'instar de la mise à disposition de l'argent liquide, indique la motion. Pour Carlo Sommaruga, il faudrait donc que l'application ne soit plus gérée par la firme SIX et différentes banques, mais par la Banque nationale suisse (BNS). Le texte évoque notamment le modèle brésilien, dont l'application PIX, pilotée par la banque nationale, paraît «innovante et économique».
Or, pour le conseiller national Vincent Maitre (Le Centre/GE), il semble irréaliste de mettre en avant un objectif de totale gratuité: «Que ce soit en mains privées ou en mains de la BNS, ça ne peut pas être gratuit, affirmait-il au micro de La Matinale. Il y a forcément quelqu'un qui paie au final. Si ce n'est pas le consommateur, ce sera le contribuable. Mais nationaliser une entreprise me paraît être une vision plutôt bolchévique des choses.»
Pour le centriste, il serait plus efficace de réglementer l'utilisation de Twint, en limitant les taxes de transaction, dans le cas des paiements par Twint ou par carte. La question est désormais entre les mains du Parlement.