Après une enquête classée
Se sentant lesés, des anciens prévenus exigent 1,1 milliard de francs du Canton de Genève

Après huit ans d’enquête, six prévenus et la société Helsinge réclament 1,1 milliard de francs à Genève pour tort moral. Malgré le classement du dossier en février, le parquet entend leur faire supporter des frais de procédure.
Des prévenus réclament 1,1 milliard au Canton de Genève. (Image d'illustration)
Photo: KEYSTONE
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Olalla Piñeiro TrigoJournaliste Blick

Le Canton de Genève fait face à des réclamations de plus de 1,1 milliard de francs. Une demande émanant de six prévenus et de la société genevoise de négoce Helsinge, qui ont été soupçonnés de corruption lors d'affaires de pétrole liées au Venezuela. 

Après le classement de l'affaire en février, qui a mis fin à huit ans de bataille judiciaire, les intéressés ont décidé de monter au créneau. Ils souhaitent obtenir réparation pour tort moral et les pertes économiques que cela a entraîné, fait savoir «Le Temps». Deux d'entre eux ont également déposé une plainte pénale.

Car bien que le dossier soit clos, le parquet refuse d’indemniser les prévenus et entend leur faire supporter les frais de procédure, stipule le quotidien suisse. Une décision contestée par les prévenus et la société, qui ont fait recours. 

Grosse affaire de corruption

La société a fait l'objet d'une enquête après une plainte de PDVSA, la compagnie pétrolière publique du Venezuela. Celle-ci accuse la société basée à Genève de corruption: elle aurait payé des pots-de-vins à des employés pour se renseigner sur les affaires en cours. Une manoeuvre qui aurait fait perdre des milliards à la compagnie vénézuélienne. 

Malgré le classement de l'affaire, le Ministère public genevois maintient l'existence «d'irrégularités», de transactions «suspectes» et de «tromperie». De leur côté, si les prévenus admettent des lacunes administratives, ils dénoncent des fausses allégations et une plainte «calomnieuse». Ils estiment par ailleurs que les reproches du parquet sur leurs opérations bancaires ne sont pas liés à l'ouverture de la procédure judiciaire, et servent simplement de prétexte pour les faire passer à la caisse. 

Contactés par «Le Temps», les avocats des prévenus n'ont pas souhaité s'exprimer sur l'affaire. 

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