L'abandon probable d'un projet de parking de liaison au centre de Fribourg fâche les commerçants indigènes. Leur association reproche au Conseil communal d'opter pour «une décision dangereuse qui met en péril la mobilité, l’attractivité et l’économie locale».
L'information a été dévoilée dans La Liberté lundi. L'Association fribourgeoise du commerce, de l’artisanat et des services (AFCAS) a dénoncé «avec la plus grande fermeté la décision de mettre fin de facto au projet du parking de liaison, en enterrant un projet essentiel pour la mobilité et le développement urbain de la ville».
«Après des décennies de discussions, l’infrastructure souterraine, qui devait relier les parkings existants du centre-ville et faciliter l’accès des automobilistes, des visiteurs et des clients aux commerces, a été abandonnée sans justification crédible», relève le communiqué publié mardi par l'association faîtière.
Idéologie anti-voiture
«Cette décision unilatérale sans pesée des intérêts, prise en catimini, condamne le projet avant même qu’il n’ait pu être concrétisé et démontre un manque de dialogue et de vision stratégique inacceptable de la part de l’exécutif communal», déplore encore l'AFCAS. Le parking était prévu sous les Grand-Places.
La faîtière reproche à l'exécutif de «pratiquer une idéologie anti-automobile dogmatique, refusant toute solution pragmatique pour fluidifier l’accès au centre». La Liberté a rapporté de son côté les propos de l'avocat des promoteurs, selon lesquels «les chances de réalisation sont désormais proches de zéro du seul fait de la ville».
«La ville a fait traîner le traitement du Plan d’aménagement de détail Gare-Sud, qui prévoit ce parking, et surtout a fait retirer en toute discrétion l’obligation figurant dans le plan directeur cantonal de réaliser ce parking comme condition à la fermeture et à la mise en zone piétonne de l’avenue de la Gare», a dit l'avocat.
Un projet crucial
Interrogé également par le quotidien fribourgeois, le conseiller communal Elias Moussa, magistrat socialiste y siégeant depuis deux ans et demi, a contesté les accusations. «Le projet de requalification de la place de la Gare est crucial pour Fribourg et toute la région», a-t-il expliqué dans l'article.
«La ville mène des projets d’intérêt public et ne souhaite pas être tributaire de décisions d’acteurs privés sur lesquelles elle n’a pas d’influence», a ajouté Elias Moussa. «La population ne peut pas dépendre de décisions unilatérales de privés pour une telle réalisation majeure», a précisé l’édile.
La Ville de Fribourg veut investir plus de 18 millions de francs dans la «métamorphose» des lieux, leur réaménagement et leur arborisation, entre l’entrée de Pérolles et la salle de spectacle Equilibre. Les travaux doivent démarrer avant 2032, afin de pouvoir percevoir des subventions fédérales.