L'Italie ne décolère pas
«Pour un événement aussi grave, la caution ne peut pas être de 200'000 francs»

Le chef de la diplomatie italienne a une nouvelle fois fustigé la conduite de l’enquête sur le drame de Crans-Montana. Pour Antonio Tajani, le montant de la caution demandée à Jacques Moretti est inexplicable.
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Le ministre italien des Affaires étrangères s'était rendu à Crans-Montana peu après la catstraphe.
Photo: AFP
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ATS Agence télégraphique suisse

S'exprimant mardi devant des journalistes à Rome, le vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères italien Antonio Tajani a à nouveau émis des critiques vis-à-vis de la façon dont l'enquête sur le drame de Crans-Montana est menée. Il a aussi confirmé que l'ambassadeur en Suisse avait été rappelé pour consultation.

«Nous n'avons pas rappelé (définitivement) l'ambassadeur italien en Suisse, nous l'avons rappelé (pour consultation)». C'est différent, a déclaré Antonio Tajani mardi au Quirinale, le palais de la présidence, lors d'une conversation avec des journalistes, en marge des célébrations de la Journée de la mémoire.

«Nous allons maintenant voir ce qu'il convient de faire», mais «tant que nous n'aurons pas obtenu d'éclaircissements, nous avons décidé de ne pas renvoyer l'ambassadeur, l'ambassade restant opérationnelle, ouverte, tout comme le consulat». «C'est un signal pour dire attention, il faut clarifier les choses», a-t-il précisé en réponse à une question d'un journaliste.

Montant de la caution remise en cause

Tout en précisant qu'«il ne s'agit pas de ne pas respecter le principe de la présomption d'innocence», le ministre italien a déclaré que «la responsabilité des deux gérants de l'établissement est incontestable, car ils en sont les propriétaires. Ils n'avaient pas confié la gestion de l'établissement à d'autres. C'est eux qui donnaient les instructions», a-t-il poursuivi.

«Pour un événement aussi grave, qui a fait des dizaines et des dizaines de morts et plus de cent blessés, la caution ne peut pas être de 200'000 francs», a-t-il encore contesté. Selon lui, la loi prévoit même un million de francs. «On ne sait même pas qui a payé la caution. Tout cela est consternant», a déclaré Antonio Tajani.

Le ministre a ajouté que «dès le début, nous avons mis à disposition des hôpitaux, une collaboration dans le cadre de l'enquête et des forces de police. Une enquête est également en cours au parquet de Rome, mais les réunions entre magistrats sont reportées aux calendes grecques», a observé le titulaire du ministère des Affaires étrangères, précisant bien être conscient que la responsabilité n'est pas fédérale mais cantonale.

Pays particulièrement touché

Interrogé le week-end dernier sur la portée du rappel de l'ambassadeur italien, le DFAE a indiqué qu'une telle mesure «appartient à la pratique diplomatique et n'est pas extraordinaire». Il ne s'agit pas d'un rappel d'ambassadeur qui signifierait que Rome n'aurait plus de représentant en Suisse. Le diplomate reviendra à Berne à la fin des consultations et poursuivra son travail, avait-il expliqué à Keystone-ATS.

L'Italie est un des pays les plus touchés par le drame. Six jeunes Italiens ont perdu la vie à Crans-Montana et une dizaine ont été gravement blessés.

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