Après la tragédie de l'incendie de Crans-Montana, le Valais est sous le feu croisé des critiques. Tandis que les avocats des familles des victimes s'en prennent au canton et à la commune, l'Italie se déchaîne contre la justice valaisanne – elle a même retiré son ambassadeur de Suisse. Même en France, des voix s'élèvent pour critiquer l'enquête.
Au milieu de ce tohu-bohu, le canton semble bien silencieux. Ses parlementaires, d'ordinaire combatifs, font preuve de beaucoup de retenue. Ces dernières semaines, rares sont ceux qui ont accepté de s'exprimer publiquement. Les partis francophones du Valais ont même conclu une sorte de trêve politique. Mais le silence commence à se fissurer, suscitant une nervosité croissante en coulisses.
Personne ne voulait parler
Que s'est-il passé? La semaine dernière, la députée valaisanne Marie-Claude Schöpfer du parti NEO – Le Centre social-libéral a participé à l'émission «Club» de la SRF sur l'incendie. Laetitia Brodard-Sitre, qui a perdu son fils de 16 ans à Crans-Montana, est notamment intervenue dans le débat.
Avant de trouver un invité politique convenable, la SRF a dû contacter de nombreuses personnalités. Blick a appris que, même pour la première émission «Club» consacrée à Crans-Montana en janvier, les chefs de parti avaient déjà décliné l'invitation.
La deuxième demande de la SRF a également suscité une certaine inquiétude parmi les partis valaisans. Selon les informations de Blick, elle a de nouveau été abordée au niveau des chefs de groupe. Selon les informations, il a été convenu qu'il serait préférable que personne ne participe à l'émission.
Le président du parti lui a suggéré de ne pas y aller
Les appels à la retenue reprennent un argument bien connu en Valais: le débat politique ne peut débuter que lorsque tous les faits sont établis. Par ailleurs, la présence de familles de victimes à l'émission rend la situation particulièrement sensible.
Le nouveau chef du groupe parlementaire, Martin Kalbermatter, avait même demandé à l'ancienne présidente de son parti, Marie-Claude Schöpfer, de reconsidérer sa participation. Il l'a informée que le député socialiste Sebastian Werlen, lui aussi invité initialement à l'émission, se retirerait si elle faisait de même.
«Sebastian Werlen et moi-même avons discuté par la suite et avons estimé que nous ne partagions pas la position des présidents de groupe», explique Marie-Claude Schöpfer à Blick. Les raisons invoquées pour ne pas y participer ne l'ont pas convaincue, «c'est pourquoi j'ai décidé de m'y rendre comme prévu». En fin de compte, elle a estimé qu'«une absence de représentation de la politique valaisanne dans l'émission serait très négative pour notre canton». Indépendamment de cela, la SRF a finalement décidé de n'inviter que Marie-Claude Schöpfer dans le «Club».
Martin Kalbermatter précise qu'il n'y a toutefois pas eu d'interdiction de la part du parti. «C'est à chaque personne de prendre sa décision». Après la réponse de Marie-Claude Schöpfer expliquant les raisons de sa participation, le sujet était clos pour lui, et il lui a souhaité par écrit beaucoup de succès pour l'émission.
A quoi faut-il s'attendre dans les débats?
A l'approche de la session parlementaire de mars – la première depuis l'incendie –, la nervosité monte au sein des partis. Reste à savoir jusqu'où ils iront lors des débats. A l'étranger, les attentes sont particulièrement élevées. Pour l'instant, les sections du Bas-Valais estiment toutefois qu'aucune revendication ne doit être formulée avant que tous les faits soient établis.
Reste à voir quelles seront les possibilités d'un débat approfondi durant la session. Pour qu'une motion soit examinée, le Bureau doit la déclarer urgente. «Théoriquement, toute demande d'urgence peut être rejetée au motif que l'enquête du procureur doit d'abord être terminée», indique une source proche du dossier.
Dans ce contexte, le canton se retrouve de plus en plus dans le viseur de l'enquête. Il semblerait qu'au sein de l'administration aussi, on savait que les contrôles n'étaient pas pleinement appliqués. Le sujet aurait été abordé à plusieurs reprises lors de formations organisées par l'Office cantonal de protection incendie. Lors de son audition, l'ancien chef de la sécurité a même affirmé: «Tout le monde était au courant.»
Un processus social est nécessaire
Les partis politiques du Haut-Valais devaient initialement participer à l'accord de silence conclu par ceux du Bas-Valais, comme l'a confirmé Martin Kalbermatter à ce sujet. Cependant, il a été décidé que l'événement nécessitait un examen politique, a-t-il expliqué. «Simplement sur la base des faits.»
Là aussi, Marie-Claude Schöpfer était d'un autre avis: parallèlement au processus judiciaire, un processus social doit également être mis sur pied pour traiter la tragédie, comme elle l'a déclaré au «Club». «Je suis ici ce soir pour montrer que je suis prête à donner le coup d'envoi!»