Les informations principales sur le drame à Crans-Montana
- L'incendie s'est déclaré vers 1h30 dans le sous-sol du bar «Le Constellation».
- Bilan des autorités: 40 morts, 116 blessés dont 71 Suisses
- L'incendie est dû à un engin pyrotechnique planté sur une bouteille et à l'embrasement d'une mousse insonorisante fixée au plafond. L'enquête est toujours en cours.
Le Ministère public étend la procédure pénale contre un ancien chargé de sécurité
Le Ministère public valaisan étend la procédure pénale contre un ancien chargé de sécurité de Crans-Montana, révèle la RTS ce mercredi. Il était responsable de plusieurs contrôles incendies dans le «Constellation». Celui-ci sera auditionné le 9 février prochain. L'avocat du prévenu a confirmé l'information.
La banque française du couple Moretti avait arrêté de les financer depuis 2021, contrairement à la BCVs
Jacques et Jessica Moretti étaient sur la liste noire de la banque française le Crédit lyonnais depuis 2021. En parallèle, ils ont pu emprunter plus de 5 millions de francs suisses, notamment auprès de la Banque cantonale du Valais (BCVs), a révélé le journal satirique français «Le Canard enchaîné».
Les banques suisses ont continué d'accorder des crédits à Jacques Moretti pendant 10 ans en dépit de sa condamnation judiciaire et de ses dettes. En 2015, le propriétaire du «Constellation» aurait obtenu un prêt de la Banque cantonale du Valais (BCVs) d'environ 1'837'660 de francs suisses pour commencer ses travaux de rénovation avec sa femme.
Démasqués en 2021
Dans le même temps, Jacques et Jessica Moretti ont tenté deux investissements immobiliers en France, financés par le Crédit lyonnais. En juin 2015, la banque leur prête 250'000 euros pour l'achat d'un appartement dans le XVIIè arrondissement de Paris. En 2018, la banque leur verse un second prêt de 625'000 euros et le couple utilise cet argent pour acheter une villa à Solenzara, en Corse.
En août 2019, le Crédit lyonnais accorde un troisième prêt aux Moretti, cette fois de 200'000 euros pour des travaux dans leur villa en Corse. Mais en mars 2021, après des retards de remboursement, la banque française suspecte de faux documents dans le dossier de financement de l'un des prêts et demande le remboursement intégral et anticipé des trois crédits. En février 2022, elle exige de conclure un protocole transactionnel et le fait homologuer par le tribunal d'Ajaccio, qui ratifie l'accord le 19 mai 2022.
Jacques et Jessica Moretti vendent leur appartement parisien pour rembourser une partie de leur dette et déclarent de nouveaux revenus en guise de nouvelles garanties, soit 13'827 euros bruts par mois pour Jessica Moretti en tant qu'employée du «Constellation». Jacques Moretti déclare quant à lui une pension d'invalidité annuelle de 6873 euros avec une indemnisation complémentaire de la compagnie Generali de 31'241 euros par an.
En parallèle, entre 2020 et 2024, Jacques et Jessica Moretti parviennent à emprunter 5'511'450 francs suisses grâce à des hypothèques auprès de trois banques suisses: la BCVs, l'Union des banques suisses et le Cautionnement romand. Pendant cette même période, ils achètent un deuxième commerce à Crans-Montana (le restaurant «Le Senso»), un appartement au-dessus du «Constellation», un appartement à Cannes et un châlet à Lens.
Source: Le Canard enchaîné
Sorti du coma, le chef de bar du «Constellation» livre un témoignage glaçant
Gaëtan T. travaillait au «Constellation» le soir du 31 décembre. Il a ensuite lutté plusieurs jours pour survivre. Le Français, qui occupait la fonction de chef de bar, envisageait même quitter son poste, le jeune homme de 28 ans supportant mal l'admission de nombreux mineurs dans l'établissement. Par crainte d’une perte de salaire, il avait toutefois décidé de rester jusqu’aux fêtes.
Le soir du drame, Gaëtan T. se trouvait à l’étage supérieur du bar. Lorsque l’incendie s’est déclaré, il a encore tenté de porter secours aux victimes. En descendant, il a perdu connaissance. «Je me souviens des premiers cris», raconte-t-il à BFMTV. «J’ai été submergé par un sentiment de panique. Je me rappelle avoir essayé de me protéger avec mon bras pour inhaler le moins de fumée possible et de tirer une personne hors de là.»
Ses souvenirs de la catastrophe demeurent confus. «Les gens se bousculaient dans l’escalier et un embouteillage s’est formé», explique-t-il. «J’ai rapidement perdu connaissance… Tout est allé très vite. Je ne sais même pas comment je suis sorti du bar.»
Gaëtan T. ne s’est réveillé qu’une semaine plus tard dans un hôpital parisien. Il apprend qu'il a été intoxiqué par la fumée et découvre qu'il est brûlé sur 10% de son corps. «Je reconnaissais à peine ma mère, j’avais de la peine à parler.» Le jeune Français, qui a pu sortir de l'hôpital, estime que la tragédie aurait pu être évitée. Le travail au Constellation ne lui plaisait pas: il décrit un «chaos» et dit ne pas croire qu’un extincteur était disponible à l’étage.
Le Conseil fédéral répond pour la première fois à l'Italie
Le Conseil fédéral s'est exprimé pour la première fois en tant que collège sur le drame de Crans-Montana. Par la voie de sa porte-parole, il s'est dit profondément bouleversé. Il partage également la demande d'une enquête approfondie formulée par l'Italie.
Le Conseil fédéral s'efforce d'exprimer sa sympathie aux victimes et à leurs proches et d'aider l'ensemble du pays à surmonter le choc et le deuil. Le gouvernement suit de près l'évolution de la situation et est régulièrement informé de l'avancement des travaux. Il comprend aussi le choc que cette catastrophe a provoqué en Italie. Il partage la demande d'une enquête approfondie et professionnelle sur les causes et les responsabilités de l'accident.
Comme des citoyens italiens ont été touchés par l'incendie, la justice italienne doit impérativement ouvrir une procédure pénale. Une demande d'entraide judiciaire a été adressée à la Suisse. L'Office fédéral de la justice l'a examinée et transmise au Ministère public valaisan le 14 janvier pour exécution. Celui-ci se prononcera d'ici la fin de la semaine, a précisé Nicole Lamon devant les médias à Berne. Les équipes communes d'enquêtes sont une pratique courante dans les procédures complexes. Elles permettent un traitement efficace des affaires pénales.
Source: ATS
9 blessés de Crans-Montana sont toujours en réanimation en France
Neuf personnes grièvement blessées dans l'incendie meurtrier de Crans-Montana en Suisse sont toujours soignées en réanimation en France, a annoncé mercredi le ministère français de la Santé. Une déclaration faite à l'occasion d'une visite de remerciements de l'ambassadrice de Suisse dans l'Hexagone.
«Merci infiniment (...) merci est un bien petit mot» pour le travail accompli, a affirmé l'ambassadrice Tania Cavassini au personnel du Centre opérationnel de crise du ministère de la Santé, qu'elle a visité en compagnie de la ministre Stéphanie Rist. Le matin du 1er janvier, peu après le drame, les membres de ce centre de crise ont commencé à arriver au ministère, parfois de leur propre initiative, ont souligné ses responsables.
Coordination entre la France et la Suisse
Dans les heures qui ont suivi, le centre de crise a coordonné la mise à disposition des lits de grands brûlés en France pour les victimes, mais aussi la mise à disposition d'équipes médico-psychologiques, qui sont restées actives plusieurs jours après la catastrophe.
Au total, 20 victimes de l'incendie ont été accueillies dans les hôpitaux français. Dix-huit patients ont été accueillis le 1er janvier et durant les trois jours qui ont suivi. Deux ont été accueillis la semaine d'après, pour qu'ils puissent être soignés plus près de leur domicile.
Sur les 20 patients, cinq ont pu regagner leur domicile, six se trouvent encore en soins intensifs et neuf sont encore en réanimation, a précisé le centre de crise. Dans les jours qui ont suivi l'incendie, «la coordination entre la France et la Suisse a permis d'apporter des informations fiables», particulièrement importantes quand des familles recherchent des proches ou apprennent qu'ils font partie des victimes, a également souligné Stéphanie Rist. Il existe une quinzaine de services de soins aux grands brûlés en France, soit environ 180 à 200 lits, selon des chiffres communiqués pendant cette visite.
Source: AFP
Les enquêteurs valaisans vont rencontrer leurs homologues italiens
Selon l'ambassadeur suisse à Rome, Roberto Balzaretti, le Ministère public valaisan rencontrera le Ministère public romain à la mi-février. «La coopération entre les autorités judiciaires italiennes et suisses dans l'affaire Crans-Montana est déjà en cours», déclare Roberto Balzaretti dans une interview accordée à CH Media.
«Le Ministère public romain souhaitait avoir des rencontres techniques (...) et le Valais est d’accord pour avoir ces discussions» dit Roberto Balzaretti dans un entretien publié mercredi dans «Le Temps».
L'Italie a effectué cette requête avant même qu'une décision ne soit prise concernant la demande d'entraide judiciaire. La date de la rencontre est fixée à la mi-février. «Il ne s'agit pas d'un retard de la part de la Suisse, mais de la première date possible pour le ministère public de Rome», détaille l'ambassadeur à CH Media.
L'article complet, c'est par ici.
Source: ATS
Nicolas Féraud sort (enfin) du bois: «J'assumerai ce que je devrai assumer»
Muet depuis la conférence de presse du 6 janvier où il n'avait pas adressé d'excuses pour le drame du bar «Le Constellation», le président de Crans-Montana Nicolas Féraud fait son mea culpa. Interrogé par Keystone-ATS, il se dit prêt à assumer ses responsabilités.
«Je regrette de ne pas avoir demandé pardon et formulé des excuses, au nom de la commune. Dans un contexte émotionnellement très difficile pour nous tous, j'ai commis l'erreur de privilégier la prudence pour gérer la partie officielle de cette conférence de presse, plutôt que les excuses et les émotions», a dit Nicolas Féraud.
L'article complet: c'est par ici
Source: ATS
Le chef de la diplomatie italienne charge à nouveau la justice valaisanne
S'exprimant mardi devant des journalistes à Rome, le vice-premier ministre et ministre des affaires étrangères italien Antonio Tajani a à nouveau émis des critiques vis-à-vis de la façon dont l'enquête sur le drame de Crans-Montana est menée. Il a aussi confirmé que l'ambassadeur en Suisse avait été rappelé pour consultation.
«Nous n'avons pas rappelé (définitivement) l'ambassadeur italien en Suisse, nous l'avons rappelé (pour consultation). C'est différent», a déclaré Antonio Tajani mardi au Quirinale, le palais de la présidence, lors d'une conversation avec des journalistes, en marge des célébrations de la Journée de la mémoire.
Tout en précisant qu'«il ne s'agit pas de ne pas respecter le principe de la présomption d'innocence», le ministre italien a déclaré que «la responsabilité des deux gérants de l'établissement est incontestable, car ils en sont les propriétaires. Ils n'avaient pas confié la gestion de l'établissement à d'autres. C'est eux qui donnaient les instructions», a-t-il poursuivi.
«Pour un événement aussi grave, qui a fait des dizaines et des dizaines de morts et plus de cent blessés, la caution ne peut pas être de 200'000 francs» a-t-il encore contesté. Selon lui, la loi prévoit même un million de francs. «On ne sait même pas qui a payé la caution. Tout cela est consternant», a déclaré Antonio Tajani.
L'article complet, c'est par ici
Source: AFP
Des enregistrements de la nuit de l’incendie ont été effacés
Les caméras privées des Moretti et les plus de 250 caméras de surveillance publiques de la commune ont été partiellement effacées, selon la «NZZ», qui s'appuie sur une lettre du commandant de police de Crans-Montana au parquet.
La police locale a récupéré les enregistrements du 1er janvier entre minuit et 6h. Mais ceux du 31 décembre, et ceux après 6h du matin le 1er janvier, ont disparu. Ils auraient été effacés une semaine après l'accident.
Violation du règlement de police
L’absence des enregistrements viole le règlement de la police municipale. Celui-ci prévoit que les données issues de la vidéosurveillance doivent être conservées à des fins d’enquête et ne peuvent pas être effacées prématurément, rapporte la «NZZ». Par ailleurs, des dispositions supplémentaires relatives aux infractions pénales prévoient des délais de conservation plus longs, qui peuvent aller jusqu'à 100 jours.
Le parquet a demandé dès le 1er janvier de récupérer les images des caméras de surveillance aux abords du «Constellation». Bien qu'il n'a pas précisé le laps de temps exact, les données n'auraient pas dû être effacées. Le 15 janvier, le parquet a demandé de nouveaux enregistrements, qui avaient été automatiquement supprimés.
On ignore encore si la police locale attendait des instructions explicites pour conserver les données plus longtemps, ou si elle a supposé – à tort – que les heures d'enregistrement vidéo recueillies la nuit de l'incendie étaient suffisantes.
La mousse acoustique semblait se détacher du plafond peu avant l'incendie
Des vidéos prises par un ancien chef barman du «Constellation», montrent que quelques jours avant l'incendie, la mousse acoustique semblait se détacher du plafond.
La RTS a diffusé ces images lundi soir dans son émission «Mise au point», que l'employé avait envoyées au gérant du bar, Jacques Moretti. On peut constater que le revêtement en mousse s'affaisse. Des queues de billard posées sur des tabourets ont été utilisées pour tenter de le recoller.
Dans des messages vocaux également obtenus par la RTS, Jacques Moretti donnait des instructions au gérant du bar.
Mauvaises conditions de travail
L'homme aurait commencé à travailler au «Constellation» début décembre. Peu après, il a voulu démissionner en raison des conditions de travail dans l'établissement et de la présence de mineurs. Craignant de ne pas être payé, il serait resté travailler pendant les fêtes, a déclaré son père à la RTS.
Il a été grièvement brûlé dans l'incendie. Il est actuellement soigné en France.
L’Italie durcit le ton face à la Suisse pour une équipe conjointe d’enquêteurs
Le gouvernement italien a exigé lundi la mise en place d'une équipe conjointe d'enquêteurs dans l'affaire de l'incendie du bar de Crans-Montana en Suisse, la nuit du nouvel an, qui a coûté la vie à 40 personnes, dont 6 Italiens.
Tant que cette condition ne sera pas remplie, Rome a prévenu que son ambassadeur en Suisse, rappelé samedi en signe de protestation contre la libération sous caution du propriétaire français du bar, ne reprendrait pas ses fonctions sur place.
La Première ministre Giorgia Meloni a reçu lundi l'ambassadeur Lorenzo Cornado, a indiqué le gouvernement italien. «Il a été décidé de subordonner le retour de l'ambassadeur en Suisse à la mise en place d'une coopération entre les autorités judiciaires des deux Etats et à la création immédiate d'une équipe d'enquête conjointe», indique le gouvernement dans un communiqué.
Au total, six jeunes Italiens ont péri dans l'incendie du bar «Le Constellation».
Source: AFP
Qui a payé la caution de Jacques Moretti?
La nouvelle a fait le tour du monde vendredi soir: Jacques Moretti, patron du bar «Le Constellation», a retrouvé la liberté après le versement d’une caution de 200'000 francs. Une somme conséquente, qui avait déjà suscité de nombreuses interrogations peu après son incarcération.
Rapidement, il avait été mentionné qu'un ami du couple était prêt à fournir les fonds nécessaires. Mais l’identité de cet «ami anonyme» est restée mystérieuse. Selon le quotidien italien «La Repubblica», les pistes mèneraient désormais à un millionnaire genevois, qui aurait transféré la somme depuis un compte situé à Dubaï. Aucun nom n’est toutefois cité.
La justice valaisanne a examiné l’origine des fonds
Vendredi, le tribunal valaisan a confirmé avoir examiné de près le dossier. «L’origine des fonds ainsi que la nature des relations entre l’accusé et la personne ayant versé ce montant, l’un de ses proches, ont été contrôlées», a indiqué la cour dans un communiqué. Pendant ce temps, l’enquête se poursuit.
Retour au chalet, sous conditions strictes
Libéré, Jacques Moretti a regagné son chalet à Lens. Toujours selon «La Repubblica», parents, amis et employés s’y succèdent depuis sa remise en liberté.
Mais sa liberté reste étroitement encadrée. Le couple Moretti est soumis à des conditions sévères: documents d’identité confisqués et obligation de se présenter régulièrement à la police. Une situation provisoire, en attendant que la justice fasse toute la lumière sur cette affaire qui continue de faire couler beaucoup d’encre.
Des bougies auraient déjà mis le feu au plafond du «Constellation» en 2024
Sébastien Fanti, avocat de plusieurs familles de blessés dans le terrible incendie de Crans-Montana, aurait remis un dossier volumineux aux enquêteurs. Selon le journal italien «La Repubblica», il contient plus de 100 courriels de témoins et de survivants et viserait à contester la version de Jacques et Jessica Moretti qui nient toute responsabilité.
Parmi les pièces figurerait la preuve d’un incendie survenu en 2024 au bar «Le Constellation», qui aurait, lui aussi, été provoqué par des bougies incandescentes placées trop près du plafond. Si ces éléments étaient avérés, les Moretti ne pourraient plus soutenir qu’ils ignoraient les risques. Ils s’exposeraient en outre à une peine de prison nettement plus lourde.
Vendredi, la chaîne française BFMTVa diffusé une nouvelle vidéo de la nuit du drame. La séquence montre des employés du bar, ainsi que Jessica Moretti, faire la chenille en portant des bouteilles de champagne dotées de bougies incandescentes, alors que le plafond de l'établissement est déjà en flammes.
La cogérante de l'établissement avait pourtant assuré aux enquêteurs ne disposer d’aucune image de la catastrophe et être immédiatement sortie pour donner l’alerte.