Drame de Crans-Montana
Un témoin clé change sa version sur Jacques Moretti

Dramatique Saint-Sylvestre à Crans-Montana (VS). Un grave incendie s'est produit dans le bar «Le Constellation». 41 personnes sont décédées et 115 ont été blessées. Le Ministère public valaisan enquête sur les responsabilités de cette tragédie.
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Un incendie, suivi d'une explosion, a ravagé un bar de la station valaisanne la nuit du Nouvel An.
Photo: X

Les informations principales sur le drame à Crans-Montana

02.04.2026, 17:36 heures

Un témoin clé de Crans-Montana change sa version sur Jacques Moretti

Lors de son dernier interrogatoire lundi, l'hôtelier Jean-Daniel Clivaz a affirmé aux enquêteurs qu'il n'avait pas parlé à Jacques Moretti et qu'il ne l'avait pas non plus mis en garde contre les dangers de la mousse insonorisante, rapporte 20 Minuten ce jeudi 2 avril.

Jacques Moretti arrive à une audience au parquet du canton du Valais à Sion le 12 février 2026.
Photo: AFP

Pourtant, début janvier, Jean-Daniel Clivaz avait affirmé le contraire auprès de plusieurs médias suisses et italiens. A présent, ce témoin-clé change de discours: «Je ne me souviens pas avoir informé Moretti de la dangerosité de la mousse. Durant ces interrogatoires, j'étais confus, bouleversé et souffrais d'insomnie.»

Jean-Daniel Clivaz a aussi rectifié ses déclarations concernant la fuite de Jessica Moretti avec la caisse du bar. L'hôtelier explique qu'il n'était pas personnellement au courant des faits et qu'il s'était contenté de rapporter ce que d'autres personnes lui avaient dit.

02.04.2026, 09:50 heures

L'audition de Jacques Moretti reportée, raisons médicales en cause?

L'enquête sur l'incendie de Crans-Montana prend du retard. L'audition de Jacques Moretti, prévue pour le 7 avril, a été reportée à la dernière minute et pour une durée indéterminée, comme l'a rapporté en premier le «Corriere del Ticino». 

Cette décision s'explique par des certificats médicaux qui l'empêchent de se présenter. Blick a pu consulter ces documents. Dans l'un d'eux, le médecin du gérant du bar explique que Jacques Moretti «souffre de dépression suite au choc post-traumatique causé par l'incendie du 1er janvier et à sa détention qui a suivi». Il serait donc difficile pour le Français de se soumettre à des interrogatoires. 

Patrick Michod, l'avocat de Jacques Moretti, souligne que son client reçoit des menaces de mort et est soumis à une pression médiatique extraordinaire. «Il souffre d'anxiété.»

Photo: AFP

La partie adverse réagit de manière critique à l'annulation de la date. Cette annulation de dernière minute irrite un avocat des victimes. «Comment auraient-ils pu savoir une semaine à l'avance qu'il ne pourrait pas venir? De plus, je ne suis pas au courant qu'un médecin externe ait été chargé de vérifier l'authenticité des certificats médicaux présentés. C'est une honte.»

Jacques Moretti devait être interrogé mardi pour la troisième fois par le parquet. Sa dernière audition avait eu lieu le 11 février. À cette occasion, les familles des victimes s'étaient rassemblées devant le bâtiment et avaient insulté les Moretti avant leur interrogatoire. «Vous avez tué mon fils», a crié une mère à Jessica Moretti. L'interrogatoire avait alors été interrompu prématurément afin d'éviter une nouvelle confrontation.

02.04.2026, 18:34 heures

L'ambassadeur d'Italie revient en Suisse

L'ambassadeur d'Italie Gian Lorenzo Cornado va rentrer en Suisse. Le ministre italien des affaires étrangères Antonio Tajani a pris cette décision après une rencontre entre le gouvernement et les familles des victimes de Crans-Montana, selon les agences italiennes.

Gian Lorenzo Cornado à Crans-Montana, le samedi 3 janvier 2026.
Photo: KEYSTONE

L'Italie avait rappelé le 24 janvier à Rome son diplomate pour marquer sa désapprobation sur l'enquête menée par les autorités valaisannes sur le drame de Crans-Montana. La décision de renvoyer Gian Lorenzo Cornado à Berne a reçu l'accord de la présidente du Conseil Giogia Meloni, précise jeudi l'agence ansa, à l'issue d'une réunion au palais Chigi à Rome.

Cette annonce intervient au lendemain d'une cérémonie en hommage aux victimes à Crans-Montana en présence de représentants de l'ambassade d'Italie en Suisse. La venue de cette délégation officielle italienne dans la station valaisanne marquait les trois mois depuis le drame. L'incendie dans le bar Le Constellation a fait 41 morts et 115 blessés.

Source: ATS

01.04.2026, 12:36 heures

L'ambassade d'Italie en Suisse rend hommage aux victimes

L'ambassade d'Italie en Suisse a tenu à rendre hommage aux victimes de l'incendie du Constellation mercredi, jour qui marque les trois mois depuis le drame. La cheffe de mission adjointe Diana Forte a déposé une couronne de fleurs sur le mémorial à Crans-Montana.

Photo: keystone-sda.ch

«En mémoire aux victimes», pouvait-on lire sur la banderole ficelée à l'arrangement floral. La petite délégation italienne a ainsi «montré sa solidarité et sa proximité» avec toutes les personnes touchées par la tragédie du Nouvel An.

«Ces sentiments resteront présents jour après jour», a assuré Diana Forte. L'ambassade a d'ailleurs aussi été présente le 14 février dernier, lorsqu'il s'agissait de rencontrer les proches et les familles des victimes italiennes dans la station valaisanne.

Si le retour de l'ambassadeur italien dans la capitale helvétique est évoqué depuis plusieurs jours, le gouvernement n'a pas encore officialisé son retour. La cheffe de mission adjointe a assuré que «la situation diplomatique était en train d'être évaluée», sans formuler de date officielle.

Source: ATS

01.04.2026, 09:22 heures

«Elle veut rentrer»: le calvaire d'une Suissesse hospitalisée à l'étranger

Quatre-vingt-dix jours le terrible incendie de Crans-Montana, plusieurs victimes sont toujours hospitalisées, parmi lesquelles Anaïs, 19 ans, brûlée sur près de 70% de la surface du corps. Sa mère, Julie, est revenue mercredi au micro de ​la Matinale de la RTS​ sur le combat de sa fille. Après un passage par Berne, cette dernière été transférée à Hanovre, en Allemagne, pour y être soignée. «Médicalement parlant, elle est stable aujourd'hui, mais les deux mains ont été très brûlées, elle ne peut pas les utiliser.» 

Depuis le drame, Julie a loué une chambre d’hôtel à proximité de l’hôpital pour rester auprès de sa fille. Mais l’éloignement de la Suisse, la barrière de la langue à l’hôpital et l’absence de soutien psychologique en français compliquent la situation. «Elle se se vraiment isolée. Au-delà des douleurs, au-delà du fait qu'elle réalise que sa vie ne sera pas comme elle l'avait voulu, elle se sent seule. Elle veut retrouver ses amis, sa famille, et rentrer.»

Depuis le 10 mars, son état est jugé suffisamment stable pour un transfert en Suisse. Pourtant, malgré plusieurs évocations par le CHUV d'un rapatriement «dans les prochains jours», rien n’a encore été mis en place. L'intervention prévue pour sa fille a par ailleurs dû être repoussée de plusieurs semaines en raison de cette incertitude. «Elle doit se faire amputer des phalanges de sa main gauche. Nous aurions préféré que cela se fasse en Suisse. Sans soutien psychologique en français, c’est très difficile.»

Interrogée par la RTS, la directrice générale du CHUV, Claire Charmet, admet que le manque de lits pour les grands brûlés et la nécessité de conserver des capacités pour les urgences ont retardé le transfert. Elle précise que des discussions sont en cours avec l’Hôpital universitaire de Zurich afin de trouver une solution.

30.03.2026, 14:29 heures

«Même un lit devient insupportable»: une victime témoigne de sa vie d'après

Le chemin vers la guérison est toujours aussi long pour les victimes du drame de Crans-Montana. Sur Facebook, la Française Mélanie Van de Velde, 32 ans, partage régulièrement son quotidien. Dimanche, elle a publié un nouveau message.

«J’ai vu la mort. De très près. Assez pour croire que je n’allais pas m’en sortir. Et pourtant… je suis là. Pas intacte. Pas comme avant. Mais vivante», poursuit la rescapée, d'abord soignée à Zurich avant d'être transférée à Nantes. Elle raconte des nuits qui s'arrêtent à 5 heures du matin, tant la douleur est intense. «C’est finir en fauteuil parce que même un lit devient insupportable. C'est des pansements, tous les jours. Une peau qui brûle encore. Un corps qu’il faut réapprendre à habiter.»

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Elle évoque aussi le port constant d’orthèses, qu’elle doit enfiler et retirer sans cesse, ainsi que deux masques de compression pour son visage. «Des dispositifs qui font partie de moi maintenant. De mon quotidien. De ma reconstruction.» A cela s’ajoutent de nombreux rendez-vous médicaux: physiothérapie, ergothérapie, orthopédie, suivi psychologique. Chaque jour, l'objectif est de faire de plus en plus de pas. «Pour certains, c'est banal. Pour moi, c’est immense.» Chaque pas est marqué par la douleur et l’épuisement.

Mais ce qui lui pèse le plus reste l’absence de sa fille, qu’elle n’a plus vue depuis le 12 février. «Depuis, il y eu le silence. L'absence. Le manque qui prend la gorge.» Elle conclut: «On peut soigner un corps. On peut accompagner une reconstruction. Mais on ne soigne pas une mère séparée de son enfant.» Les raisons de cette séparation ne sont pas précisées, même si la Française laisse entrevoir de possibles retrouvailles. «Au milieu de tout ce chaos… elle est ma force. Ma vision. Ma vie.»

25.03.2026, 12:27 heures

«Je sens constamment une odeur de brûlé»

Près de trois mois après le drame du Nouvel-An à Crans-Montana, les témoignages des victimes continuent d'affluer. «C'était terrible. A l'intérieur, on entendait des cris, des appels à l'aide. L'odeur de brûlé... Une odeur qui me hante encore aujourd'hui», raconte un jeune homme de 18 ans, rescapé de l'incendie, au micro de la télévision RSI.

Selon lui, les couloirs bondés rendaient toute fuite impossible. «Quelqu’un est tombé devant moi, je suis tombé sur lui, et d’autres sont tombés sur nous», raconte-t-il. Le jeune homme a été sauvé par une personne qui l’a tiré de là, en le saisissant par la main.

Outre les blessures physiques, il y a aussi les dégâts psychologiques. La jeune victime bénéficie aujourd'hui d'un suivi. «On m'a diagnostiqué un trouble de stress post-traumatique. Je sens constamment une odeur de brûlé. J’entends des sirènes, même s’il n’y en a pas», explique-t-il.

23.03.2026, 08:41 heures

Une porte a été verrouillée moins d'une minute avant le début de l'incendie

D'après «24 heures», les rapports de police et les images de caméras de surveillance ont révélé un nouveau détail choquant sur l'incendie du «Constellation». A 1h26, moins d'une minute avant le début de l'incendie, un serveur a ouvert la porte au petit ami d'une collègue.

Ce dernier a alors tendu le bras en direction de la porte (hors du champ de caméra) et aurait baissé le verrou métallique de la porte. Quelques secondes plus tard, le feu s'est déclaré sur la mousse isolante du plafond du sous-sol. Grièvement blessé, l'homme ne se souvient pas s'il a verrouillé ou non la porte.

Jessica et Jacques Moretti ont toujours affirmé qu'il s'agissait d'une porte de service pour le personnel et qu'ils avaient donné explicitement l'instruction de ne jamais la fermer. A l'inverse, l'avocat du serveur a insisté auprès de «24 heures» sur le fait que toute instruction de verrouiller la porte devait provenir de la famille Moretti.

22.03.2026, 08:19 heures

Jacques Moretti contredit le nombre de clients de son bar

Jacques Moretti riposte aux graves accusations portées contre lui. Le patron du «Constellation» fait référence aux récents articles concernant le nombre de clients autorisés dans son établissement. «Rien de tout cela n'est vrai, pas un seul chiffre n'est correct, lance-t-il au ​«20 Minuten»​. Ces informations doivent être rectifiées.»

La polémique a été déclenchée par un article de la ​«NZZ»​ . Selon cet article, 132 clients se trouvaient au sous-sol et 32 au rez-de-chaussée le soir de l'incendie. Or, l'établissement n'aurait été autorisé qu'à accueillir 100 personnes au sous-sol et 50 à l'étage. Un expert en sécurité incendie a également déclaré qu'avec une seule sortie, l'établissement aurait dû fermer ses portes « même avec 50 clients ». Jacques Moretti réfute catégoriquement ces allégations: «Tout est faux!»

Il existe effectivement des incohérences dans les chiffres officiels. Selon les documents judiciaires, le parquet dispose d'un rapport de sécurité de la municipalité datant de juin 2019. Bien que ce document ne figure pas directement dans le dossier pénal, il est mentionné à plusieurs reprises par les enquêteurs et par un inspecteur de la sécurité incendie interrogé.

20.03.2026, 20:04 heures

L'aide versée aux 156 victimes de Crans-Montana sera soumise à l'impôt

La contribution de solidarité de 50'000 francs versée par la Confédération aux 156 familles des victimes de Crans-Montana sera soumise à l'impôt. En effet, le Parlement a choisi de ne pas adopter de règle spéciale pour cette contribution, a expliqué le Département fédéral des Finances à ​20 Minutes​.

L'aide versée aux 156 victimes de Crans-Montana sera soumise à l'impôt
Photo: KEYSTONE

C'est donc aux autorités cantonales de régler cette question avec les familles concernées. Interrogée par 20 Minutes, l'administration fiscale cantonale de Genève précise que l'impôt sur cette aide financière pourrait être de 1300 francs pour les bénéficiaires majeurs, ou de 400 francs pour les familles monoparentales et les parents d'un enfant ayant moins de 18 ans. 

17.03.2026, 10:45 heures

Recours rejeté: Crans-Montana ne sera pas partie civile

Le Tribunal cantonal valaisan a rejeté le recours de la commune de Crans-Montana, qui souhaitait se porter partie civile dans l'affaire du drame survenu la nuit de Nouvel an. Le Ministère public avait déjà refusé ce statut à la commune le 27 janvier.

La Chambre pénale du Tribunal cantonal du Valais a pris cette décision par un arrêt daté de lundi, indique-t-elle mardi dans un communiqué. La commune avait déposé son recours le 5 février, est-il rappelé.

Entre-temps, le président de Crans-Montana Nicolas Féraud a été inculpé le 5 mars dans l'affaire du drame du bar «Le Constellation» qui avait fait 41 morts et 115 blessés.

Source: ATS

16.03.2026, 15:56 heures

Une rescapée témoigne

Eleonora P., a survécu de justesse à l'incendie qui a ravagé «Le Constellation». Mais l'Italienne de 29 ans souffre encore de graves blessures, comme elle l'a raconté à la chaîne TG1. «Je ne peux pas plier les doigts, car les cicatrices tirent», explique-t-elle.

Les températures qui régnaient dans le bar en flammes auraient littéralement fait fondre sa peau. «A partir de là, c’est de l'instinct: soit tu vis, soit tu meurs, raconte la jeune femme. J’étais convaincue que j’allais mourir.» Une fois sortie du bar, elle a d'abord dû reprendre ses esprits. « Je n'oublierai jamais l'image des flammes qui jaillissent.»

La journaliste demande finalement à la jeune femme si elle éprouve de la colère envers le couple de gérants, Jacques et Jessica Moretti, et ce qu’elle leur dirait si elle les rencontrait. «J’aimerais parler de la négligence avec laquelle ils ont géré leur établissement, ce qui a mis en danger les personnes qui le fréquentaient depuis si longtemps. Il est inutile d’éprouver de la colère, car la colère ne fait pas du bien à un corps qui a besoin de guérir. J'essaie de rester sereine et de penser à mon avenir, et je laisse à ceux qui doivent mener l'enquête le soin de rendre justice. » 

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