Des critères de «gradation»
L'accès restreint à l'aide d'urgence pour Crans-Montana indigne

Dix mois après l’incendie de Crans-Montana, le Valais refuse une aide d’urgence à certaines victimes. Le canton défend des critères de «gradation», provoquant l’indignation de certains avocats et survivants.
Mathias Reynard souligne que le canton du Valais ne veut «laisser personne au bord du chemin»
Photo: AFP
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ATS Agence télégraphique suisse

Certaines victimes de l'incendie de Crans-Montana (VS) n'ont pas droit aux aides prévues par le fonds d'urgence créé après le drame. Sans nier leur qualité de victimes, le canton souligne la nécessité d'adapter les aides à la situation de chacun.

La Tribune de Genève et 24 heures ont révélé samedi que sept survivants de l'incendie se sont vu refuser la compensation d’urgence de 60’000 francs promise par les autorités valaisannes et la Confédération. Une décision qualifiée de «choquante» par l'avocat genevois Robert Assaël, qui défend une de ces victimes.

«Elle se fonde sur un critère qui est complètement arbitraire, le critère de la nuit d'hospitalisation», a déclaré l'homme de loi genevois au 19:30 de la RTS. Sa cliente aurait pu passer une nuit à l'hôpital, mais elle a préféré laisser sa place à des personnes plus gravement blessées, vu la surcharge des hôpitaux.

«Gradation»

Interrogé dans le même journal télévisé, le conseiller d'Etat Mathias Reynard, en charge de la santé et des affaires sociales, souligne que le canton du Valais ne veut «laisser personne au bord du chemin». C'est pour cette raison qu'à côté des aides Lavi, «nous avons mis en place une fondation et d'autres aides spéciales», a-t-il dit.

«Toutes les victimes reconnues par la Lavi (la loi sur l'aide aux victimes) ont droit à des aides, y compris des aides financières», ajoute-t-il. Mais, parmi les critères fixés par le canton, figure aussi la nécessité «d'avoir une gradation, de ne pas avoir les mêmes aides pour toutes les situations».

Les critères fixés pour pouvoir bénéficier de l'aide d'urgence financée par la Confédération et le canton sont soit d'avoir perdu un proche, soit d'avoir été hospitalisé. Aujourd'hui encore, dix mois après le drame, «on a des jeunes qui sont hospitalisés», reconnaît Mathias Reynard. «Donc oui, il y a des différences de situation et c'est normal d'avoir une aide supplémentaire pour des gens qui ont perdu leurs enfants, des gens qui auront des séquelles à vie», dit-il.

Souffrance reconnue

«Il ne s'agit pas de nier la qualité de victimes» des personnes dont la demande a été rejetée, a assuré Mathias Reynard. Le canton reconnaît leurs souffrances psychologiques, mais il estime qu'il ne peut pas les mettre «au même niveau» pour l'octroi des aides.

«Je crois que les grands principes de traiter avec humanité et dignité toutes les victimes de Crans-Montana et de ne pas les oublier, ces principes-là, on les maintient et on sera toujours à leurs côtés», affirme le conseiller d'Etat.

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