Elle n'a pas survécu
La jeune serveuse au casque filmée à Crans-Montana a été identifiée

Nouveaux éléments sur l’incendie meurtrier de Crans-Montana: la serveuse casquée visible sur les images est Cyane P*. La jeune femme est décédée dans la nuit de la Saint-Sylvestre, après de vaines tentatives de réanimation.
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C'est à ce moment malheureux que le plafond a pris feu.
Photo: DR
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Ralph Donghi et Qendresa Llugiqi

Des vidéos d’elle ont fait le tour du monde. Lors de la nuit du Nouvel An où s'est déclaré le terrible incendie, on y voit une serveuse casquée du bar «Le Constellation» à Crans-Montana qui porte des bouteilles de champagne ornées de cierges magiques. Assise sur les épaules d’une personne masquée, elle avance sans se douter du danger. Les feux d’artifice se rapprochent du plafond, recouvert d’une isolation acoustique inflammable. Soudain, le feu prend et en quelques minutes, toute la pièce s'embrase.

C’est le début de la catastrophe qui a coûté la vie à 40 personnes et fait 116 blessés. Très vite, une question se pose. Qui est cette femme et a-t-elle survécu?

Cyane P* était la serveuse au casque

On sait désormais que la femme au casque était Cyane P*. La jeune Française travaillait comme serveuse dans le bar et a perdu la vie dans l’incendie. Ces derniers jours, de nombreux témoignages et photos ont circulé sur les réseaux sociaux, confirmant son identité. Un détail ne laisse pas de doute: ses cheveux blonds très longs, tressés en natte le soir de la Saint-Sylvestre, dépassaient nettement de l’arrière du casque.

Le quotidien «Tages-Anzeiger» a révélé lundi 12 janvier avoir pu consulter les procès-verbaux d’audition du couple Moretti, gérants de l’établissement. Selon ces documents, Jacques Moretti et Jessica Moretti auraient clairement reconnu Cyane P* sur des images de la soirée. La jeune femme de 24 ans entretenait des liens très étroits avec eux.

Vaines tentatives de réanimation

D’après les procès-verbaux, Jacques Moretti, a expliqué avoir tenté de retourner dans le bar peu après le déclenchement de l'incendie, dans la nuit du Nouvel An. L’accès par l’entrée principale était impossible. Ce n’est qu’en passant par une porte de service que lui et un accompagnant ont pu pénétrer dans la salle. Mais cette porte était verrouillée de l'intérieur, un détail qui aurait probablement coûté la vie à plusieurs personnes. 

Derrière la porte, les deux hommes auraient découvert plusieurs personnes allongées au sol, inertes. Ils les auraient tirées à l’extérieur, et parmi elles se trouvait la jeune serveuse. «Nous avons essayé de la réanimer pendant plus d’une heure, jusqu’à ce que les secours nous disent qu’il était trop tard», a déclaré Jacques Moretti.

Sa femme, la gérante du bar Jessica Moretti, a confié à la police au sujet de Cyane P*: «Elle était pour nous comme une belle-fille, comme ma petite sœur. Elle a passé Noël avec nous. Je suis dévastée.»

Pas prévue au service

Blick a contacté l’avocate Sophie Haenni, qui représente la famille de Cyane P*. «Mes clients ont perdu leur fille, leur sœur. On leur a arraché un être cher, une personne merveilleuse», explique-t-elle. Pour elle, la jeune femme est clairement l’une des victimes de cette tragédie. «Elle est décédée dans la fleur de l’âge. Tous ses rêves ont été brisés.»

Avant la fin de l'enquête, la famille ne peut toutefois pas confirmer avec certitude que Cyane P* est à l’origine du déclenchement de l'incendie. Mais une chose est claire pour ses proches: «Le soir du 31 décembre, sa mission au rez-de-chaussée consistait à accueillir les clients et à les placer. Elle n’était pas prévue pour assurer le service, précise Sophie Haenni. C’est Jessica Moretti qui lui a demandé de descendre au sous-sol pour aider ses collègues, en raison du grand nombre de bouteilles commandées.» 

«Sans aucun doute une victime»

L’avocate poursuit: «Il est très probable que l’incendie ait été déclenché par la multitude de cierges magiques allumés simultanément au même endroit. L’enquête devra toutefois le déterminer.» Et d'ajouter: «Dans tous les cas, la mort de 40 personnes et les blessures subies par plus d’une centaine d’autres auraient pu être évitées si les normes de sécurité avaient été respectées et si des contrôles adéquats avaient eu lieu.» Cyane P* ne porterait aucune responsabilité.

La situation est d’autant plus tragique que, selon Sophie Haenni, «Cyane n’a jamais été informée de la dangerosité de la couverture du plafond et n’a reçu aucune formation en matière de sécurité. Elle est sans aucun doute une victime. Si les règles de sécurité incendie avaient été respectées, il n’y aurait tout simplement pas eu d’incendie.»

Les parents dénoncent la porte fermée

Les parents de Cyane P* avaient déjà évoqué la mémoire de leur fille décédée lors d’une interview accordée à la chaîne française France 3. Sa mère y confiait: «Elle n’était pas seulement belle à l’extérieur, elle avait aussi un beau cœur et une belle âme.»

Aujourd’hui encore, ils ne comprennent pas pourquoi la porte, censée servir de sortie de secours, était fermée. «Bien sûr qu’elle voulait s’échapper, a déclaré son père. Elle voulait aussi aider les clients à sortir, mais malheureusement, il y avait cette porte qui ne s’ouvrait pas.» Pour ses parents, «le soleil ne s’est pas levé en 2026».

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