Au mois d'avril, une Vaudoise a été licenciée sans préavis, au moyen d'un simple appel des plus inattendus. Ainsi que le révèle le quotidien «24 Heures», cette mère de famille venait de passer quatre mois au chevet de son fils, gravement brûlé lors du terrible incendie survenu dans le bar «Le Constellation», le 1er janvier.
Agé de 18 ans et souffrant de brûlures étendues sur 60% de son corps, le jeune homme a été transféré au sein d'un hôpital spécialisé de Halle, en Allemagne, et s'apprêtait tout juste à retrouver la Suisse. Afin de s'éviter des aller-retour de plusieurs heures, elle avait loué un appartement meublé, tout proche de l'établissement.
«Mon employeur m’a demandé de ses nouvelles puis il m’a dit que mon contrat allait prendre fin au 30 juin, raconte cette habitante de Lutry, auprès de nos confrères. Qu’ainsi, je pourrais m’occuper de mon fils sans pression, lui donner la priorité. J’étais sous le choc, abasourdie. Quand j’ai raccroché, je me suis effondrée. Pendant toute la semaine qui a suivi, je pleurais très souvent.»
Une immense perte de repères
Choqué, le mari de l'intéressée ajoute que sa propre entreprise s'était montrée bien plus compatissante, doublant carrément une cagnotte ouverte par des collègues, pour venir en aide à la famille. Il estime ainsi que l'employeur de son épouse aurait dû attendre son retour en Suisse, pour discuter en face-à-face.
Au «24 Heures», la Vaudoise confie l'angoisse inimaginable qu'elle subit de plein fouet depuis cette terrible Saint-Sylvestre. Alors que son fils oscillait entre la vie et la mort, juste après l'incendie, ses parents ont passé des mois dans une incertitude insupportable. Ce licenciement, qu'elle ne voyait pas venir, est une nouvelle perte de repères, dans un quotidien déjà totalement bouleversé.